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Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Steam Machine Index du Forum -> Système galactique Yssien -> Ys -> Capitale : Riahnon -> Le Dorolosta
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Anaria
Elfette
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MessagePosté le: Mer 20 Mar - 16:11 (2013)    Sujet du message: Correspondance Répondre en citant

La route fut des plus pénible. Même si les rues de la capitale étaient en parfait état, le moindre tournant semblait faire souffrir Armand. Et la conduite sportive d'Anaria qui cherchait au maximum à gagner du temps n'arrangeait rien à leur affaire. Une fois garé dans le parking, les deux jeunes gens se dirigèrent vers la clinique sans échanger le moindre mot ni même le moindre regard. Une fois à l'accueil, malgré sa tenue des plus débridées et ses lunettes de mouche, la standardiste la reconnue de suite et appela le docteur Alfirin, qui dirigeait l'hôpital. Anaria le connaissait bien, en effet, il avait longtemps été médecin à la cours avant de reprendre les rênes de l'établissement dans lequel ils se trouvaient. Dans son très jeune âge, elle avait souvent amené Emrys ici (la plupart des soins étaient prodigués au Temple, mais ils ont pas encore de machine à rayons X donc faut bien aller voir les collègue de temps en temps) et le Doc avait toujours tenu à s'occuper personnellement de lui. Une fois que ce dernier arriva, lui et la jeune femme se saluèrent, puis elle laissa son homme prendre les commandes, et elle les laissa lorsqu'il s'agit d'aller passer la radio.


Assise sur une des chaises (tout à fait confortable) d'une des lumineuses salles d'attente, buvant un thé et feuilletant le tout dernier Vogue, elle s'étonna malgré tout des dégâts que semblait avoir fait le coup qu'elle avait porté à Armand. Elle n'avait certes pas ménagé sa force... mais pas de là à prendre de telles proportions. Inquiète, elle attendit le retour du jeune homme, qui revint relativement vite. S'en suivie une attente silencieuse que son futur époux fini par briser. Elle en fut soulagée et  et ni une ni deux, se jeta (doucement) dans les bras de son chéri, à deux doigts de foudre en larmes 
tant la pression lui était devenu insupportable.


"Tu n'as rien à te faire pardonner, c'est moi qui suis désolée, je n'aurai jamais dû réagir aussi brutalement, je m'en veux tellement !!"


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MessagePosté le: Mer 20 Mar - 16:11 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Armand
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MessagePosté le: Mar 9 Avr - 20:01 (2013)    Sujet du message: Correspondance Répondre en citant

Sentant que la situation devenait de plus en plus compliqué il la repoussa délicatement après lui avoir longuement caressé ses longs cheveux noirs. Il ne voulait pas la blesser davantage mais il lui était difficile de la garder dans ses bras sans se mettre lui même à fondre en larmes. Armand posa ses mains sur ses épaules et pris un air grave. Ce qu'il avait à lui dire était important et il voulait que malgré son grain de folie qui la caractérisait, elle prenne bien conscience du poids de chacun de ses mots.

"Écoute, je crois qu'on a besoin de réfléchir chacun de notre côté. En tout cas moi j'en ai besoin. Bien sur que je te pardonne, mais il faut que je réfléchisse sur ce que moi je suis capable de t'apporter. J'aimerai que tu fasses la même chose de ton côté s'il te plait. On a passé des bons moments ensemble, et en même temps on n'a jamais été vraiment honnête l'un en vers l'autre. Je le vis très mal et je ne veux pas continuer comme ça. On s'est retrouvé mais on s'est aussitôt éloigné à cause de problèmes stupides. Je sais que tu souhaites plus que tout avoir le plus beau mariage, mais bon sang j'en ai marre d'attendre ! J'ai déjà attendu pendant un siècle pour vivre avec toi cette vie dont je rêve, je refuse de perdre encore du temps. Je ne ferai plus de sacrifices. S'il te plait prend le temps de réfléchir, c'est important. Et si tu te sent prête retrouve moi cette nuit dans notre église. Nous serons bien assez de deux membres de cultes pour nous marier mutuellement devant nos dieux. Le mien est déjà d'accord, mais c'est avec ma conscience que j'ai besoin de m'entretenir. Je t'aime."

Il l'embrassa longuement et lui sourit timidement en quittant son étreinte. Ça lui fendait le cœur mais il savait que c'était la meilleure chose à faire. Dès qu'il ne l'aurait plus sous les yeux il irait déjà mieux. Armand s'en alla en crevant d'envie de se retourner, chose qu'il fit une fois arrivé au bout du couloir, laissant voir son sourire triste. Une fois sortit de l'hôpital il soupira un grand coup et se sentit encore plus paumé qu'avant. Il décida que marcher un moment lui ferait du bien, choisi une rue au hasard et s'y engagea, complètement déboussolé.


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Anaria
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MessagePosté le: Mer 17 Avr - 11:08 (2013)    Sujet du message: Correspondance Répondre en citant

Anaria était silencieuse. Elle resta longuement interdite sans pouvoir réagir, regardant hagard le sol carrelé. Elle avait beau interroger sa conscience, cette dernière ne lui apportait aucunes réponses et la jeune femme eut subitement l'envie d'aller se cacher dans les toilettes les plus proches pour pleurer comme une enfant. Relevant le visage, elle jeta un coup d’œil par la fenêtre comme si elle espérait d'apercevoir au loin sa silhouette. Mais dans la rue il n'y avait rien, rien d'autre que des passants inconnus qui allaient et venaient sous un doux soleil d'après-midi. C'était un temps clément  pour la saison, surtout pour la capitale yssienne, et la Lune serait de sortie ce soir. 


*Lune montante en premier quartier...une soirée idéale somme toute.*


Elle hésitait. Une part d'elle avait envie de foncer dans la première boutique Chanel, d'acheter une robe blanche, de l'enfiler dans les chiottes publiques (bien plus clean que les notre évidement) et de filer vers l'église...mais la deuxième moitié d'elle même se demandait si elle avait même envie de mariage. Elle aimait Armand plus que tout, mais avec le recul, elle se rendait compte que ce mariage qu'elle préparait avec tant d'acharnement était une mascarade destinée à repousser toujours plus l'échéance. Elle referma les yeux, la gorge nouée par ses propres pensées. Pour l'une des premières fois de sa vie, Anaria se sentait vieille, vieille et las. Ce mariage de princesse, c'était cet ultime caprice qui lui faisait comprendre qu'il était temps d'avancer car Armand ne perdrait plus de temps à l'attendre.


La sortant de sa torpeur, le Docteur Alfirin entra dans la salle d'attente.


"Ah ! Vous êtes encore là ma dame, je tenais à vous saluer avant votre départ mais je vois que votre Hervenn (littéralement époux) est déjà partit."
 
"Oui, il avait des affaires à régler."
 
"Bien sur, bien sur, je comprends."
 
Soudain son bipeur sonna.
 
"Ah je vous pris de m'excuser, une patiente honteusement riche et donc honteusement insupportable mande ma présence. En tout cas permettez moi de vous souhaiter tous mes vœux de bonheur pour votre Vesta (Mariage)".
 
Le médecin lui sourit chaleureusement, lui fit un signe respectueux de la tête et quitta la pièce. Il n'en fallait pas plus pour la décider.  Anaria était impulsive, mais ce défaut pouvait par moment ce changer en qualité lorsqu'il s'agissait de faire des choix importants très rapidement. Et de la rapidité, il allait lui en falloir. Elle arriva à son speeder en un temps record, sauta à l'intérieur du Pick-up le plus moche mais aussi le plus cool de toute l'histoire de la galaxie et alluma le contact. Le moteur rugit, et elle quitta l'hôpital pour prendre la direction du Temple. Heureusement pour elle mais surtout pour les autres conducteurs il n'y avait pas grand monde à cette heure de la journée et elle effectua le chemin sans écraser personne. 
Une fois arrivée à destination, elle laissa sa caisse en plan à l'entrée du bâtiment. Il ne s'agissait pas de l'entrée principale par laquelle entraient les fidèles qui venaient se recueillir mais celle qui menait à la partie privée destinée aux prêtresses et à l'Oracle quand cette dernière ne décidait pas de dormir à l'hôtel. 
Elle entra en trombe  dans le corridor qui menait à ses appartements et tomba sur la jeune Insil, une des novices qui était rentrée récemment au Temple. La jeune fille n'était pas encore habituée au tempérament explosif d'Anaria mais lorsque cette dernière lui demanda d'aller chercher ses suivantes, elle s'empressa de répondre à son attente au galop. La grande Prêtresse fit irruption dans sa suite et eut à peine le temps de poser son sac que toute une clic de prêtresses étaient là. Elles ignoraient pourquoi on les avait fait venir mais contrairement à Insil, elles étaient habitués à leur supérieure hiérarchique et amie quoi qu'on en dise.
Je vous passe les détails, mais ce fut un sacré bordel tout le reste de l'après midi. La première intéressée voulait bien se marier  dans ses conditions, mais elle n'allait tout de même pas débarquer en débardeur-jeans (quoi que l'idée était fort tentante) sous peine de faire fuir définitivement le marié.  Elle opta donc pour quelque chose d'elle avait à portée de main, sa garde robe de prêtresse. Une robe à la galadriel ferait très bien l'affaire, mais elle choisit malgré tout la plus canon de toutes, celle des grandes cérémonies de Beltane. 


*Parce que merde, mon mariage c'est aussi une grande cérémonie*


Dans la forme elle n'était pas très différentes des autres, à part qu'elle était faite dans la plus belle des soies immaculées de Samin et brodée au fil d'argent. La traîne était un peu plus longue, et elle était ouverte jusqu'au milieu du dos. Une très très belle robe de mariée en soi. La jeune femme l'enfila et se regarda dans le grand miroir qui se trouvait dans sa chambre. Elle était satisfaite, le résultat était divin.  Sans attendre, elle embrassa ses amies qui l'avaient aidé et quitta le temple. La journée tirait à sa fin et elle n'avait plus de temps à perdre. Les prêtresses avaient à sa demande été garer le pick-up un peu plus loin et lui avait sortit l'un des speeders qui étaient à leur disposition. Il n'était plus tout jeune (un speeder 2CV *.* trop cool) mais il avait été rapidement décoré avec des rubans blancs et des fleurs. Anaria sourit à cette vision mais ne s'attarda pas. Elle monta trèèèèès doucement à l'intérieur, sa belle robe dissimulée dans une longue cape bleu nuit et pris la direction du quartier humain. Son cœur battait de plus en plus vite. Et si Armand ne venait pas ? Un gros doute s'empara d'elle, mais elle retint un sanglots, ça aurait été con de faire déjà couler son mascara. Une fois à proximité de leur église elle se gara et en essayant d'être la plus discrète possible, s'approcha de la porte d'entrée. Les mains posées contre les batants de bois, elle s'arrêta une minute, incapable de calmer sa respiration. Le cœur plein de questions et de peurs, elle se dit qu'il n'y avait qu'en poussant cette foutue porte qu'elle serait fixée.


Le grincement de la porte résonna dans toute la batisse, et d'un pas hésitant, Anaria entra dans ce lieu où elle était une étrangère, et à la fois qu'elle connaissait si bien. C'était le lieu qui les avait vu lier leur destin autour d'une vie nouvelle, il n'y avait donc pas de meilleur endroit pour s'unir à jamais.


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Armand
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MessagePosté le: Ven 17 Mai - 15:33 (2013)    Sujet du message: Correspondance Répondre en citant

Du côté d'Armand, l'après midi n'avait pas non plus été de tout repos. Après avoir erré dans les rues, des idées noires plein la tête, ses pas le reconduisirent vers l’hôtel ou il se laissa porter jusqu'à la chambre. Il ferma derrière lui la porte de la suite et se sentit soudainement mal à l'aise. Depuis le temps qu'il vivait ici les journées étaient toutes aussi tristes et monotones, au point de lui donner l'impression de vivre sans cesse une très longue journée qui aurait durée plusieurs mois. Ce décors quotidien ne le rassura pourtant pas, et lui donna l'impression d'une absence encore plus pesante à l'ordinaire. Baissant les yeux, Armand se dirigea vers la chambre à coucher, ouvrit les armoires et commença à étaler ses affaires sur le lit. Il n'en avait pas des quantités, et en quelques minutes ses maigres possessions étaient étalées devant lui. Trouver une valise pour emballer tout cela n'allait pas être difficile, et en tassant bien un gros sac de sport aurait fait l'affaire.

Son regard se posa sur la soutane noire, encore accrochée à un cintre et protégée d'une housse de plastique. Ses doigts glissèrent le long de ses trente trois boutons qu'il n'avait même plus besoin de compter tant il connaissait par cœur leur nombre et leur signification. Il demeura pensif, et cette caresse toute quotidienne l'entraina dans une drôle réflexion. Était il plus heureux au séminaire ? Au pensionnat ? Voir même lorsqu'il était un frère parmi les Djins ? Anaria n'avait fait que troubler sa vie de calme et de quiétude, et aujourd'hui il n'arrivait plus à savoir s'il avait fait les bons choix. Il s'était détourné de Dieu et de ses frères, et en gardait encore un goût amère synonyme de trahison.

Il avait pêché en pensée et en actes à de nombreuses reprises pour cette femme, et à présent il était partagé entre le regret et la culpabilité.
Armand passa sa main sous la housse, et libéra sa soutane de son enveloppe de plastique. D'un geste fébrile il commença à déboutonner sa chemise et entrepris de se dévêtir. Il passa un pantalon noir, une chemise blanche, boutonna avec une rapidité qui était celle de l'habitude, les trente trois boutons, et ajusta son col romain. Il resta interdit devant l'image que lui renvoyait le grand miroir du placard. Il ne se reconnaissait pas, et sans aucun doute aurait été satisfait de la moindre révélation. Armand se rappela que depuis le jour où il avait pris l'habit, il avait eu du mal à s'y identifier et à s'y sentir à l'aise. En cherchant plus profondément dans sa mémoire il se rendit compte que quoi qu'il fasse il n'avait jamais ressenti l'impression d'être enfin à sa place. Quant on lui laissait le choix de sa tenue il optait toujours pour un style fade et plat qui était le mieux qu'il pouvait faire, et là encore il ne s'y reconnaissait pas.

Épuisé par ce constat minable, il se laissa tomber sur le lit et s'enferma dans la prière. Il suppliait Dieu qu'il lui envoi un signe, qu'il guide son choix. Il culpabilisait tellement qu'il était capable de tout pour obtenir le pardon de Dieu.
Pourtant malgré qu'il soit attentif à n'importe quoi, le signe ne se fit pas entendre, et complètement découragé Armand se laissa allé à une grande déprime.

Passant une bonne partie de l'après midi seul dans la suite, Armand continua à remuer ses idées noires et déstabilisantes. Il se plongea dans un relecture de la Bible, médita pendant de longues heures et pria le reste du temps, incapable d'orchestrer ses idées et de ressentir la présence rassurante de Dieu guidant ses pas.
Le soleil commençait à se coucher et il n'avait toujours pas démêlé son problème. Il se mit à paniquer en imaginant Anaria en robe virginale, faisant les cents pas devant une église fermée. Cette culpabilité qu'il ressentait envers Dieu, changea de visage et il se sentit de plus en plus mal pour Anaria. La vie avec elle était loin d'être un long fleuve tranquille et ça lui faisait peur. Mais en y réfléchissant, cela n'était qu'une supposition injuste, car jamais ils ne s'étaient donnés une chance de réussir. Peut être que cette fois ci ça valait le coup d'essayer. De plus il y avait en enfant en jeu, et Armand savait depuis maintenant de longues heures à quel point il l'avait délaissé. Rien que pour lui sa mère méritait d'avoir une autre chance.

Fort de ce constat, Armand, encore habillé de sa soutane dissimulée sous son manteau, quitta la suite sans autre artifice que sa détermination et son culot. En attendant le bus il passa un coup de fil à malheureux serrurier à qui il affirma avoir perdu les clefs du presbytère. Armand était loin d'être naïf, il savait pertinemment qu'à peine avait il tourné le dos que la mère supérieur avait changé les serrures pour s'assurer qu'il ne revienne pas. Une fois déposé à l'arrêt face à l'église, il alla attendre le brave homme à la porte du presbytère, le régla pour la course et béni d'un signe de croix une photo de son dernier né. Décidément cette journée était lourde en pêché et il ne savait pas encore à quel prix il payerait son repentir.

Une fois dans le presbytère, il se sentit à nouveau seul et vide. Là aussi il avait vécu, et là aussi il s'était toujours senti mal. Il ouvrit les placards d'un geste sur et mis la main sur une boite d'allumettes. Il entra dans la nef par une porte dissimulée, et entrepris minutieusement d'allumer les cierges. Il sourit en pensant qu'un enfant de choeur ou deux n'auraient pas été de trop pour cette tâche. L'autel avait été décoré de fleurs fraîches et l'atmosphère était chargée d'un lourd parfum d’encens. Tout en besognant, il ne pouvait s'empêcher d'admirer pour la millième fois les voûtes et les statues. Comment une histoire aussi tumultueuse avait pu voir ses plus importants tournants se dérouler dans un lieu aussi calme ? Il restait méditatif, mais contrairement à tout à l'heure il se sentait serin et emplit de quiétude. 
Il reposa le dernier cierge sur son candélabre, et inspira en grand coup en admirant la beauté du lieu à présent tout illuminé de flammèches vacillantes. La nuit venait de tomber à l'extérieur, et cette lumière rassurante le rassurait, comme Dieu le tenant en sa sainte garde. Il pria à genoux devant l'autel, sur à présent d'être face à un signe qui lui révélait toute la bonté de son Dieu. Il jura sur sa vie de devenir un bon père, à défaut d'avoir été un bon prêtre, et de se tenir à cette tâche quoiqu'il arrive. Au lieu de se sentir défaillir sous les responsabilités il eut l'impression de s'élever, et d'avoir fait le choix le plus courageux qu'il soit.

Armand se releva en vacillant, fit un signe de croix respectueux en s'inclinant devant l'autel, puis alla ouvrir le loquet qui maintenait fermé la porte principale. Il en ouvrit les deux battants, comme pour un jour de fête, et respira à plein poumons l'air frais de la nuit. Un moment il fut saisi d'un doute. Et si elle ne venait pas ? Et si elle n'était pas prête ? Dans son dos les lumières chaleureuses éclairant la nef le rassurèrent. Si elle ne venait pas il irait la chercher, et si elle n'était pas prête il l'attendrait. Mais quoiqu'il arrive, qu'elle soit sienne ou pas il était hors de question qu'il soit tenu éloigné de son fils. En cela il lui sembla être un calculateur et se trouva odieux de ses pensées, mais il n'avait plus le choix. Il espérait que sa confiance envers Anaria revienne petit à petit, et qu'ensemble ils trouveraient le bonheur. Mais si ce n'était pas possible et qu'elle ne voulait plus de lui, ils vivraient une existence fragmenté loin l'un de l'autre, dont le seul lien serait ce fils qu'ils ont eut ensemble. L'image de cette situation blessa profondément Armand. Ce n'était pas du tout ce qu'il voulait, sinon il ne serait pas là en train d'attendre, mais il ne pouvait occulter cette possibilité.

Ecoeuré par ce constat, il retourna près de l'autel et attendit. Sursautant au moindre bruit émanant de la rue.


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Anaria
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MessagePosté le: Mar 3 Sep - 00:06 (2013)    Sujet du message: Correspondance Répondre en citant

La lumière des lieux avait quelque chose d'apaisant et emprunt de sainteté. Anaria n'aimait pas trop cette religion qui avait fini par s'installer dans ce quartier de la capitale, mais il fallait reconnaître qu'ils savaient s'y prendre pour célébrer architecturalement leur dieu. Pas que cette église fut particulièrement belle ou grandiose, elle était assez minable en vérité. Mais les pierres ignorent la férocité des croyants, elles restent et demeurent modestement à leur place. 


Anaria avança lentement sur le chemin qui la menait à l'autel. On ne pouvait percevoir que le son vaporeux de sa robe flottant sur les dalles du sol. Ne pouvant décrocher son regard de l'homme qui l'attendait à quelques pas de là, elle ne s'étonna pas de le voir vêtu de sa soutane. Elle avait elle-même revêtu ses atouts de prêtresse pour venir. La jeune femme n'avait jamais osé l'avouer (sans doute part fierté mal placée) mais elle avait toujours trouvé que la soutane le rendait encore plus sexy. 
Souriant sans même s'en rendre compte, elle finit par arriver près de lui, et s'arrêta à sa hauteur. Ses mains tremblaient mais son coeur était serein. C'est comme ça que ça devait se passer, il fallait arrêter de se voiler la face. Leur fuite en avant prenait fin ici, sous le regards des dieux. 


Sans rien dire à Armand, elle sortit de la poche de sa cape une médaille attachée au bout d'une chaînette en argent. Le pendentif qui représentait les deux arbres enlacés qui symbolisaient sa foi fut posé délicatement sur l'autel. Ainsi, ces dieux à elle aussi seraient témoins de leur engagement. Elle savait qu'il accepterait et qu'il ne lui en tiendrait pas rigueur. 


Il ne manquait rien à son bonheur que de savoir leur fils avec eux, mais ce bonheur la viendrait plus tard. Pour le moment elle ne pensait plus à rien, rien d'autre qu'à la lumière du dernier rayon de soleil (le seul en fait) traversant un des vitraux de l'église. C'était le moment. 


Mais ses mots restaient bloqués dans sa bouche. Elle ne savait pas vraiment par quoi commencer. Fallait-il lui dire qu'elle était enfin prête ? Fallait-il commencer la cérémonie ? Lui dire qu'elle l'aimait ?
C'est finalement sans rien ajouter qu'elle tendit le bras vers lui, et lui prit la main, tout simplement. Ce contact lui fit du bien. Elle plongea dans son regard vert aussi profond que l'immensité du ciel et dit enfin.




"Elen Sila Lùmenn' omentielmo..." 
("une étoile brille sur le jour de notre rencontre" c'est dans une conversation ultra sérieuse et importante une façon de dire "salut chéri c'est partit on se marie !!")




(Bon c'est soft...mais ça me chauffe pour THE post XD) 


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Armand
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MessagePosté le: Jeu 5 Sep - 13:08 (2013)    Sujet du message: Correspondance Répondre en citant

[Amen ! (ça veut dire dans une conversation sérieuse : "c'est parti ma cocotte ! J'envoie la sauce !")]


Fatigué d'attendre, il avait fini par s'accouder sur l'autel. C'était mal et il le savait bien, mais au point où il en était sur son échelle karmique il sentait déjà les flammes de l'enfer lui rôtir les doigts de pied. Un bruit de talons accompagné du crissement lourd de la soie le tira de sa torpeur. Lui qui se sentait déjà somnoler à cause de l'heure avancée, fut tout à coup plein d'énergie. Il se redressa immédiatement et adopta une posture bien plus digne.
Ananria traversa la nef d'un pas lent et majestueux, et il ne pouvait de résoudre à cesser de la contempler. Pour faire simple disons qu'elle y avait mis les formes, et qu'une personne pourtant bien peut influençable comme Armand, était touché en plein cœur par autant de grâce et de beauté déployée sous ses yeux. Pourtant une fois que la mariée était arrivée à sa hauteur et se tenait face à lui, il demeura incapable de la regarder dans les yeux. Armand gardait tête baissé, et on pouvait voir sans problème malgré la pénombre du lieu qu'il était rouge comme une pivoine. Sentant son malaise, Anaria lui prit tendrement la main et immédiatement la tension qu'il avait sur les épaules se mit à peser moins lourd. Il prit soudain conscience que ses jambes tremblaient et qu'il ressentait une peur infinie. Par ce simple contact Anaria lui avait révélée sa douleur et la guérissait en même temps. Terrifié et ivre d'amour, il se sentit enfin aller de l'avant, et dans une direction qui n'était plus inconnue : Anaria.


Il relâcha sa main l'espace d'une seconde, et la suivante il se tenait blotti dans se bras, l'embrassant comme s'il allait mourir dans la minute. Bien sur personne ne lui avait stipulé qu'il avait le droit d'embrasser la mariée, mais là il n'en pouvait plus, il en avait autant envie que besoin. Lui rouler le patin du siècle ne lui suffisait évidement pas, mais il su se contrôler car il savait pertinemment que la soutane ne lui laissait pas la possibilité d'une bosse disgracieuse à l'entrejambe, et que dans ce contexte c'était on ne peut plus mal venu. Armand desserra son étreinte et réussi enfin à la regarder dans les yeux. Elle était encore plus belle que dans ses souvenirs et il ressentit à nouveau le goût du coup de foudre qu'il avait reçu en plein coeur il y a des siècles.

Il détourna les yeux, et du dos de la main entreprit d'enlever les quelques traces du rouge à lèvres Chanel qui maculait son visage, et qui soit dit en passant faisait plutôt mauvais genre. Cette action mécanique simple lui fit du bien car elle lui permit de prendre quelques secondes pour se concentrer et trouver enfin ses mots.


"Heu... Anaria, j'aimerai que tu écoutes les vœux que j'ai à te faire, et si veux bien les accepter je serais heureux d'entendre les tiens à mon tour. Je... je tenais à te dire que je suis infiniment soulagé de te voir ici aujourd'hui, et rien ne me rend aussi heureux de me tenir là, avec toi à mes côtés. Je suis amoureux de toi depuis toujours, et mon rêve ça serait qu'on soit uni comme un couple soudé. Je pense que notre fils a aussi besoin de parents unis par un amour solide. Je sais bien que nous n'avons rien en commun, mais j'ai besoin de te découvrir et de partager des choses avec toi. Avant même d'être ton mari, c'est ton ami que je veux devenir. J'ai fait des sacrifices que tu n'imagines même pas pour être avec toi, alors si tu veux bien de moi je te jure une fidélité au delà de tout.
Je te jure de me dédier à ton bonheur et de te soutenir quoi qu'il arrive. Si tu acceptes de m'ouvrir la porte de ton cœur, et de te confier à moi comme à ton ami le plus tendre et le plus fidèle, je t'apporterai tout ce que tu désire et soulagerai tes peines. Si tu fais le choix de me prendre pour époux tu ne le regrettera jamais, parce que chaque seconde de ma vie te sera dédié et que plus jamais tu ne seras seule. Je ne demande qu'à t'aimer et à être à tes côtés. S'il te plait, réalise le souhait d'un homme qui t'offre sa vie, et dont l'amour ne flétrira jamais. Je serais ton amant, ton ami, le compagnon de tes peines et de tes joies. Je serais un bon père pour Myrddin et pour vous couvrirai de mon amour. Je t'offre toutes mes années, et au delà de la mort je serais encore tien. Jamais je ne renierai cette promesse car tu es ce que le ciel m'a offert de plus beau, et que moi comme un idiot j'ai déjà fait la faute de le quitter. Maintenant que nous sommes ensemble à nouveau, je refuse de répéter cette erreur et te protègerai de toutes mes forces. Ces longues années sans toi étaient comme une mort indolore, et plus jamais je ne laisserai qui que ce soit me faire revivre ça. J'ai fauté, et ton pardon serait ma délivrance. 
Mon Dieu et les tiens me sont témoins, je te désire pour femme et c'est devant eux que je te fais cette promesse. Je n'ai pas d'alliance pour la sceller alors cet endroit sera notre symbole. Au devant des Dieux, il y a les pierres humides, le verre et les statues. Les lueurs vacillantes des cierges et le sourire des saintes, les effluvent d’encens, les lys odorants et le bois ciré. Anaria, devant toutes ces choses crées de la main des hommes, je te le demande humblement si tu veux me prendre pour époux ?"


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Anaria
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MessagePosté le: Lun 18 Nov - 21:19 (2013)    Sujet du message: Correspondance Répondre en citant

(Nous vous informons que les traductions proposés ici de la langue elfique sont approximatives et ne doivent pas servirent d'exemples. Ce sont des interprétations des différents textes et théories développés par JRR.T dans son oeuvre. Merci.)


 
Si le Don dévolu aux elfes de rester à jamais dans un état de jeunesse, en cela éternelle qu'elle demeurait figée dans le temps comme dans une chrysalide, pouvait paraître difficile à porter, plus ardu était encore le Don fait aux Edains (les mortels) car plein de la plus profonde des amertumes et assujettie par la perte constante de tout ce qui importe.
Pendant des siècles, Anaria avait tenu ce peuple pour fou et mauvais, car ils avaient apporté la ruine même de leur civilisation, et pour cela, elle les avait longuement méprisé. Ce n'était qu'au contact de cet homme qu'elle avait pu enfin sortir de son aveuglement et comprendre l'histoire de son peuple et de sa déchéance, et n'éprouver alors que compassion envers eux.

Et s'il était bien un homme qui lui permettrait enfin de les aimer, c'était lui, car il portait en lui la trace de leur deux patries, même s'il avait décidé de faire allégeance à l'une plutôt qu'à l'autre. Il était de ceux qu'on appelait "les enfants de Beren et Luthien" né de l'union des deux peuples, comme leur fils (en référence à au Lai de Luthien, la première femme elfe qui aima un humain). Et à l'instar de ce récit, Anaria aimait l'homme qui se trouvait devant elle. D'un amour qu'elle ne s'expliquait toujours pas. Un amour fou pour lequel elle était prête à tout laisser derrière elle.
 
Durant tout le temps qu'Armand exprima ses vœux, la jeune femme ne détacha pas son regard du sien, buvant la moindre de ses paroles, les laissant entrer en elle et s’enfouir au plus profond de sa mémoire afin de ne jamais oublier cet instant. Étrangement, toute inquiétude était partie, comme si tout cela était parfaitement normal et que ça avait toujours du se passer comme ça. Malgré sa fonction, elle n'avait jamais vraiment cru au destin, mais à bien y réfléchir, il devait bien y avoir un petit quelque chose qui guidait la musique de l'Univers, sinon jamais leurs routes ne se seraient croisées, jamais ils ne se seraient aimés, au point de concevoir un enfant. Jamais ils ne se seraient retrouvé là, à la tombée du jour, dans une petite église silencieuse, à s'unir l'un l'autre pour l'éternité.
Plus Armand parlait, plus elle sentait ses yeux se remplirent de larmes sans sanglots. Et lors qu’enfin'enfin il prononça la phrase avec laquelle il s'offrait corps et âme à elle, la jeune femme se sentit contrainte de marquer un temps de silence. Et ce fut le visage illuminé du plus radieux des sourires qu'elle lui répondit avec près d'un siècle de retard:

 
"Nanye, i horinyë."
"Oui, je le veux."
 
Ces quelques mots qui lui semblaient être des montagnes impossibles à franchir paraissaient à présent bien simples. Mais il lui fallait reprendre la parole. La jeune femme prit une profonde inspiration et laissa les mots sortir du plus profond de son être. Elle y avait songé bien des fois depuis son plus jeune âge, mais cette fois ce n'était plus pour jouer, ce n'était pas non plus un rêve. C'était leur vie qui commençait.
 
"Onen i estel Eldar, nan ù chebin estel anim*. Mais depuis le jour de notre rencontre, tu as su éveiller en moi une étincelle, un je ne sais quoi qui m'a donné envie d'y croire. Nous avons affronté des obstacles, et je sais que la vie avec moi ne te sera pas aisée, mais je suis enfin prête aujourd'hui à t'offrir l'éternité qui m'a été donnée, et à passer le reste de mon existence à tes côtés. Je renonce en ce jour au statut qui a été le mien, afin de pouvoir te donner enfin tout l'amour que tu mérites. Je veux être ton amie, l'oreille attentive dont tu auras besoin, ta compagne quelques soit les péripéties de la suite de notre histoire. Je n'aurai jamais imaginer un meilleur père que toi pour notre fils, et pour les autres enfants que nous aurons peut être. Je t'aime Armand, et le siècle qui nous sépare de notre rencontre me parait à présent bien dérisoire face au bonheur que j'éprouve à tes côtés, en cet instant, dans notre église, comme pour le reste du chemin qui nous attend. Auparavant, j'étais terrifiée à l'idée d'un tel engagement, mais maintenant que nous y voila, avec l'avenir qui s'ouvre devant nous, je ne ressent plus que de la joie, car je sais que plus jamais je serai seule. Tu es l'homme avec lequel il était prévu que je finirai mes jours.
Au nom de tous les Dieux qui vivent dans le ciel et au nom de tout ce en quoi nous croyons, je t'offre ma vie et te promets de rester à jamais à tes côtés jusqu'à la fin de toutes choses. Mon amour, Tore lyé nya lepta rà veri ?**"

 
*"J'ai donné l'espoir aux elfes (et oui "elfe" se dit "elda", et donc "eldar" au pluriel), mais je n'ai point gardé d'espoir pour moi." (cf. Le retour du roi, Appendice A, 1, V, Les Rois Numénoriens, fragment du conte d'Aragorn et d'Arwen.)
** "Veux-tu me prendre pour épouse ?" (traduction approximative, puisqu'il aucun texte de mariage elfique ne nous est parvenu)


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MessagePosté le: Mar 26 Nov - 22:49 (2013)    Sujet du message: Correspondance Répondre en citant

http://www.youtube.com/watch?v=EkPy18xW1j8

En entendant les vœux d'Anaria, Armand sentit quelque chose se coincer dans sa gorge. Elle l'impressionnait. D'ordinaire elle ne disait jamais rien qu'il fallait prendre au sérieux, et passait son temps à chahuter et à être pénible. Là elle était rayonnante de sagesse et de maturité. Et même si Armand était conquit parce qu'il voyait, il avait l'impression d'être face à une autre personne. En un sens il se sentit rassuré, il avait toujours eu peur quelle soit incapable de se contenir durant les moments solennels et graves. A présent il avait honte d'avoir douté d'elle et s'en repentirait encore pendant des années. Ils étaient tout les deux aussi capables l'un que l'autre d'assurer un avenir commun et devraient à présent être liés comme jamais. Il aimait certes s'occuper de sa petite femme, et il était évident qu'à force d'en faire trop elle soit tentée d'en abuser. Mais maintenant ça ne serait plus Armand qui s'occuperait d'Anaria, mais les deux parents qui porteraient la charge de soigner et chérir leurs enfants.

Cependant en pensant à cela Armand ne songea pas à Emrys. Il l'oubliait complètement de l'équation, ce qui était une grave erreur car il était plus important que tout. Le jeune époux ne pensait qu'à l'avenir, à de beaux nouveaux nés et des rêves de foyer chaleureux. Pas un instant il ne pensa à intégrer les cadavres qui trainaient encore sous les meubles. Faire peau neuve pour se lancer dans l'avenir était la seule chose qui lui importait en cet instant, et pour cela encore il commit une faute.

"Nanye, i horinyë."

"Melinyës" Ajouta t il en la serrant dans ses bras.

Ils restèrent un moment blotti l'un contre comme épuisés par ce qu'il venait de se passer. Ces mots qui étaient restés enfermés dans leurs cœurs pendant plus d'un siècle étaient enfin sortit au grand jour. Cela leur donna le tournis. Tant de gâchis de temps, tant de peines et de sanglots à présent derrière eux. Il leur avait fallu accomplir ce rituel, dont au final ils étaient les seuls témoins, pour enfin se sentir complets.

Lentement leurs bouches se cherchèrent et leurs mains frémirent. Ils avaient un intense besoin d'être l'un avec l'autre et rien au monde n'aurait pu leur faire lâcher prise. Ils devenaient fébriles et leur étreinte se faisait de plus en plus serrée. Armand s'en rendit compte lorsqu'il sentit le rebord de marbre de l'autel lui comprimer la hanche. Certes la messe était dite mais tout de même. Il savait bien comment la situation pouvait se finir, car il y avait comme un petit goût de redite dans cette scène. L'odeur de l'encens, la lumière des cierges, le froid ambiant, mais surtout la façon dont elle le maintenant lui faisait très très clairement penser à ce qu'il s'était passé dans cette même église près d'un siècle auparavant. Non pas que ça ne lui ai pas plus, au contraire, plus il se remémorait des détails de cette empoignade, plus il sentait qu'il serait de dure lutte de résister.
Cependant un autre détail lui revint en mémoire et lui fit l'effet d'un électrochoc : Emrys. Armand croyait dans sa foi la plus intime au pouvoir de ce lieu, et cela lui fit peur. L'angoisse de se retrouver dans cesse dans la même boucle refit surface. Il devait changer leur destin.

"Anaria, je voudrais te montrer un endroit où tu n'es jamais allée."

Il sourit devant son regard interrogateur et pris le trousseau de clefs posé sur l'autel. Il lui tendit le bras et l'aida à se déplacer dans la pénombre ambiante. Armand guida Anaria à travers la nef, et s'arrêta à un escalier en colimaçon qui menait jusque dans les orgues. Ils prirent chacun un cierge sur un haut candélabre, et ils montèrent. Un instant Armand s'inquiéta qu'Anaria ne soit pas à l'aise dans la robe qu'elle portait pour se livrer à ces acrobaties. Mais en se retournant dans l'escalier il constata qu'elle tenait sa jupe avec une grâce et une aisance toute royale. N'était pas prêtresse qui veut, et il se rendit compte qu'une fois encore il l'avait sous estimé.

A l'étage le passage était aussi petit que l'orgue était massif. La lumière des bougies brillaient dans les tuyaux de cuivre et l'argent et donnait la sinistre impression que l'endroit était en feu. Ils contournèrent la place de l'organiste et suivirent la balustrade. De là où ils étaient il dominaient la nef. Au dessus du portique et à mi chemin des voutes, ils se sentaient incroyablement puissant. Même l'autel semblait minuscule, abrité sous son grand palanquin d'or. Cette vue Armand l'appréciait, et il se souvenait que la toute première qu'il s'était retrouvé à cette place il avait pensé à Anaria, et toutes les fois suivantes aussi. Il avait toujours rêvé en secret de l'amener ici, de lui prendre la main et de l'émerveiller avec ce qu'il aimait le plus.

Le couple resta un moment blotti dans les bras l'un de l'autre, tenant leurs chandelles allumées dans leurs mains avec autant de précaution que s'il s'agissait de quelque chose d'infiniment fragile. Puis Armand proposa à Anaria de continuer plus haut leur ascension. Il s'approcha d'une porte que l'on remarquait à peine, et l'ouvrit à l'aide d'une des clefs de son trousseau. La battant s'ouvrit en grinçant, ne laissant apercevoir d'une obscurité impénétrable. Il avertit Anaria du danger d'une chute et lui demanda d'avancer le plus prudemment du monde, avant de s'engager lui même dans ce que les faibles lumières des cierges dévoilaient comme un escalier particulièrement raide. Armand s'aidait de ses mains et le contact de la pierre contre ses paumes le glaçait d'effroi. Un courant d'air violent se fit sentir et manqua d'éteindre les flammes de leurs bougies. Ils continuèrent en les protégeant des bourrasques et arrivèrent dans un pièce à peine plus spacieuse mais dont le sol était couvert d'un plancher. Contrairement à la nef qui était plongée dans un silence respectueux empreint de sainteté, l'escalier et le clocher étaient soumis aux aléas du vent qui sifflait et s'infiltrait dans les moindres interstices.

Armand chercha à tâtons une lampe électrique qui diffusa une lumière blafarde à travers la pièce. Le clocher était encore en réparation et on pouvait voir ça et là le cours des travaux. Au milieu de l'espace, réparties sur trois niveaux se trouvaient quatre cloche, deux grandes et deux petites. C'est à peine si l'on distinguait le plafond à travers cette géométrique de poutres et de cloches ventrues. Cet endroit c'était pas ce qu'aimait Armand. Il lui faisait peur avec ces coins où la lumière ne passait jamais, même de jour, ses ombres luisantes sur l'airain et son odeur forte de poussière et d'humidité. Ce qu'il voulait montrer à Anaria était dehors. Il souleva le loquet d'une porte en bois de petite taille et s'y engagea. A l'extérieur la nuit était fraiche, d'une obscurité intense qui laissait voir une quantité d'étoile. La lune n'apparaissait pas, et les lumières de la ville estompaient à peine la clarté des astres. Riahnon était à leurs pieds, et accoudés au garde fou ils pouvaient savourer le plaisir d'être les seuls à l'observer, dissimulés dans leur cachette de toujours.
    


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 11:04 (2017)    Sujet du message: Correspondance

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