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Emrys Myrrdin
Elfe
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MessagePosté le: Mer 16 Oct - 21:03 (2013)    Sujet du message: What else ?? Répondre en citant

Aux vues des problèmes actuels de notre forum chéri, l'équipe d'administration a jugé bon (et ils ont eu bien raison) de me mettre un coup de sabre laser au cul afin que ce dernier qui n'est pas si volumineux que ça se bouge. Voici donc pour vos beaux yeux, l'Ultime post de la mort qui tue, qui raconte la suite des aventures de vos personnages préférés pendant le sauvetage tant attendu de notre cher Kaomiru que j'ai laissé croupir dans sa cellule bien trop longtemps. Ce qui suit en est la première partie, viendront ensuite s'ajouter des réactions des autres joueurs et enfin (le bouquet final) le dénouement de l'histoire dans un post qui se voudra plus agité et un poil plus passionnant que ce que vous allez à présent découvrir. 


la mascotte des elfes  
Chère tante Colette, 
Comment vas-tu ? Pour ma part je me porte comme un charme! Ces vacances sur Elpa sont de pures moments de joie que j'ai le plaisir de partager avec mon cousin Benvolio qui a eut la gentillesse de me loger chez lui et de me faire découvrir le coin. C'est si grand que le premier jour j'ai failli me perdre, mais heureusement, à présent j'ai une carte des lieux. Je commence à me sentir comme chez moi =D !! 
J'ai profité de ce voyage pour revoir mon ami Barney (tu sais celui que j'ai rencontré au catéchisme autour d'un verre de lait et qui a un don pour emporter les gens avec lui dans la foi). Il était lui même en visite chez sa mère Loretta. C'est une femme charmante (mais un peu extravagante) qui a de grandes qualités. Barney et elle m'ont proposé de m'accompagner pour une sortie prochaine, j'ai hâte!! 
Je vais devoir faire de la place sur la carte mémoire de ma caméra, car je l'ai déjà remplie... mais tous mes souvenirs sont près à être posté sur la toile !! Tu devrais voir ça, je me suis même acheté une tenue d'ici, on dirait un vrai elpaïen !! 
Je vais essayer de profiter de mes derniers jours ici pour aller voir la fabrique Nespresso !! Benvolio a un ami qui y travaille et on aura peut être même des échantillons !! Alala tout est génial ici, à part la nourriture auquel j'ai encore un peu de mal à m'habituer...je rêve de temps en temps d'un bon Burger...mais on ne peut pas tout avoir. 
Je t'embrasse très très fort et je te dis à bientôt. Vivement que tu arrives, tu me manques terriblement.  
Signé : ton neveu qui t'aime. 
 

Emrys cliqua sur envoyer. Bien sur, ce mail n'était pas adressé à tante Colette (qui était d'ailleurs bien au chaud dans sa maison à la campagne sur R6 avec ses 36 chats), et ne racontait absolument pas les vacances idylliques d'un petit elfe en vacances sur Elpa. Ces vacances n'en étaient d'ailleurs pas du tout. Cela faisait des mois que le jeune homme et son équipe se penchait sur un problème épineux... sortir Kao de la Brain. Depuis qu'Elyäh l'avait branché sur cette mission, ils avaient rencontrer plus d'un obstacle, et toutes ces difficultés n'avaient fait que retarder le sauvetage. Ely avait montré de plus en plus d'impatience, et le jeune homme se doutait que le futur mariage de ses parents y était sûrement pour quelque chose, et que l'angoisse augmentant, la non-présence de Kao se faisait de plus en plus ressentir. Emrys ne s'était jamais vraiment posé la question sur les relations entre son oncle et cet homme qu'ils tentaient de sauver depuis dès semaines de ces fils de putes d'elpaiens, et en réalité il s'en foutait un peu.
Le bureau était vide. Fabalio et le reste de l'équipe étaient couchés et l'immense loft était silencieux. On entendait que le son sourd et régulier des ventilateurs des dizaines d'ordinateurs qui tournaient à plein régime jours et nuit. Infiltrer des hommes dans les locaux avait été plus simple que prévu, mais il avait été plus dur de pirater les droïdes sans se faire choper. C'était en ça que constituait l'essentiel de la mission... la mener à bien sans le moindre remous ni la moindre trace. Un éclair sans tonner.


Le jeune homme se sentait terriblement fatigué. Le poids de ses années de vadrouille lui pesait. Bizarrement, il ressentait le besoin d'y mettre un terme définitif. De rentrer chez lui. 

Mais avait-il vraiment un chez lui ? Malgré son besoin, il ne se voyait pas rentrer vivre chez ses parents. Ses parents... Cette idée le surprenait encore lorsqu'il y pensait. L'unité qui avait constitué depuis toujours son noyau familial se voyait radicalement perturbé depuis l'arrivée en trombe de son père dans sa vie. Cet élément perturbateur n'avait en rien aidé dans l'avancement de la tâche.

Il attrapa son paquet de clope, et alla s'assoir devant un écran. On pouvait y voir des images en temps réel des vidéos surveillance de la quasi totalité des labos. Mais celui-ci était uniquement consacré à la partie qui les intéressait vraiment, la cellule de Kao. Une fois quelques droïdes piratés, ils avaient put s'introduire directement dans le serveur interne du centre et y introduire un virus qui leur permettait l'accès à tout le système de surveillance, de contrôle des cellules, des identités et a postériori, de le contrôler. L'observation des diverses vidéos avaient même permit de récupérer bon nombre d'informations qui seraient utile aux scientifiques yssiens. Mais ils n'avaient pas pris le risque de les envoyer directement chez eux. Les infos attendaient bien au chaud sur un disque que Link, leur opérateur avait prit soin de protéger.


Emrys fouilla ses poches... impossible de trouver son briquet. Jurant, il se leva et alla jusqu'à la table basse du bureau, qu'ils avaient rebaptisé "Fabcave" pour l'occasion, qui se trouvait non loin de lui. Aucun briquet, mais une tasse de thé froide. Dépité, il finit par se diriger vers le bar ("Alfred")qu'on avait installé dans un coin du bureau. La pièce qui se trouvait au milieu de l'appartement ne possédait aucune fenêtre et elle était en permanence occupée et verrouillée de l'intérieure. Elle aurait été véritablement invivable si elle n'avait pas été équipée d'un système de ventilation adapté à la consommation de tabac, et d'un minibar. Attrapant une bière (importation du marché noir), il s'étonna de trouver son zippo sur l'un des étages. Mais après tout, pourquoi pas.
 
Après avoir allumé sa blonde (huhuhu) il retourna s'assoir à l'une des tables où était étalé des dizaines de plans de la Brain. Il les avait étudié au point de les connaitre par cœur, mais il n'arrivait pas à s'en décrocher, comme s'il espérait qu'ils allaient lui révéler de nouveaux chemins. Il sentit son portable vibrer. Devon. Une blague de cul qui n'en était pas une. Tout n'était plus que message codé, rendu encore plus indéchiffrable par le traitement vocal du portable qu'utilisait son ami.
S'appuyant sur le dossier de la chaise, il laissa tomber sa tête en arrière et souffla la fumée. Impliquer Devon dans son plan ne l'avait pas enchanté. Lui et son ami Hugar étaient des civiles, et surtout des non-natifs de cette maudite planète, ils risquaient gros. Mais au vu du contexte, il aurait été trop bête de ne pas profiter de leur présence et de leur talent à tout les deux.
Emrys repensa a cette fois où ils s'étaient vu tout les trois dans le fumoir du salon de thé du Globe, un des seuls endroits à peu près sur de la ville à part chez Fabalio. Le jeune homme avait envoyé à Devon un texto lui demandant ce qu'il devenait et si ça ne lui disait pas de venir le rejoindre sur Elpa. Il avait été étonné de le savoir déjà sur place. Mais ce qui l'avait encore plus étonné, c'était le voir débarquer au rendez-vous avec cette grande blonde dont il lui avait tant parlé. Le rendez-vous suivant avait été vite pris, les deux étaient partants.

 
Se déplaçant vers un autre plan de travail, il commença la centième vérification des magnétrons que l'équipe avait fabriqué. Pour les faire passer incognito, ils les avaient introduit dans des cigarettes électroniques, qui continuaient de fonctionner. Un clic sur le bouton activait le mode cigarette, deux le magnétron, qui leur permettrait le cas échéant de neutraliser des droïdes hostiles se trouvant à leur portée. Le temps de neutralisation était limité, mais ça serait suffisant pour se tirer. Il avait également la capacité de griller les dernières secondes de la mémoire enregistrée par ces robots de merde.
*Et en dernier recours, un bon coup de sabre laser et on se casse.*
Ils n'avaient qu'une seule chance de tenter l'attaque de la Brain. A la moindre gaffe, ils seraient découvert et le système de sécurité serait triplé, voir plus. Le plan devait fonctionner.
Soudain, son portable sonna, envahissant la pièce d'un "Let's o to the mall" bien connu. Jetant un coup d'œil rapide à l'écran, il sentit son cœur accélérer sous le stress. D'une voix pourtant calme, il décrocha.

 


"Allo
- Allo Brad !! C'est Georges !!
-Ah Georges comment vas-tu ??
-Très bien, très bien...Je suis allé prendre un petit café chez des amis. Très sympathique, tu aurais du venir !! Nous leur avons laissé un petit cadeau qui ne manquera pas de leur plaire.
-Je n'en doute pas.
-Et je ne t'ai pas dit, j'ai reçu un message de ta tante, elle t'envoie un cuistot de chez nous pour ton repas de samedi. Elle m'a dit de te dire que tout été réglé et qu'il n'y avait pas d'ingrédients à fournir. Il devrait passer chez toi demain après-midi.
-Parfait !! Moi qui avait peur de devoir courir partout pour faire les courses. Il faudra que je pense à la remercier.
-Penses à lui ramener des spécialités locales, ça lui fera surement plaisir.
-Je n'y manquerai pas !! Bon je dois te laisser, je me lève tôt demain.
-Ca marche, on se verra samedi de toute façon. Bonne nuit Brad.
-A plus Georges."
 


Emrys reposa son portable sur le plan de travail, et tout en écrasant son mégot dans le cendrier déjà plein, il ne put m'empêcher de se dire qu'ils allaient peut être finir par la réussir cette mission.
La caractère quelque peu particulier de cette dernière l'avait forcé à faire appel à la HARPE (Haute Autorité de Renseignements, de Protections et d'Espionnage... les services secrets yssiens quoi). D'autant plus qu'ils s'attaquaient à l'une des plus grande puissance de la galaxie et que par cela même, ils mettaient en danger Ys. Et si la HARPE leur avait laissé carte blanche pour ce qui était de l'évasion de Kao, il avait fallut en contrepartie de leur protection et de leur implication s'arranger pour ne pas repartir sur Ys avec un seul homme, mais aussi avec toutes les informations qu'il était possible de collecter. C'était eux, avec l'accord du Roi, qui avait échafaudé leur stratégie de sortie. 


Selon la volonté du Roi, ils avaient également fait en sorte de laisser un petit cadeau amer à tous ces buveurs de café. C'était ce que le coup de fil qu'il venait de recevoir venait de confirmer. La HARPE avait infiltré l'usine Nespresso rattachée à la Brain, afin d'introduire dans le circuit un laxatif puissant et indétectable dans le ravitaillement du samedi après-midi. C'était un coup bas, et ça risquait de mettre en péril leur couverture, mais le temps qu'ils fassent le lien et qu'ils arrêtent d'en chier, toute l'équipe aurait fait ses bagages et aurait quitté cette planète pourrie.

 
Mais l'épisode Nespresso intéressait peu Emrys. Ce qui lui importait, c'était ce que "Georges" avait évoqué à propos du Cuistot qui devait passer le lendemain après-midi. Il s'agissait bien évidement de Djoe-Djoe (le seul et l'unique), qui venait leur apporter ce sans quoi tout leur plan tombait à l'eau. Sans ça, ils n'avaient plus qu'a plier bagages et rentrer de suite au bercail.
Les puces.  Les puces qui leur permettraient d'aller n'importe où dans la Brain sans éveiller le moindre soupçon. Chacun des infiltrés en porterait une, cachée par une bande de latex ultra réaliste imitant la peau sur le poignet. Ainsi, ils pourraient passer les identifications et les barrages dans avoir recours au piratage en direct. Bien sur, pendant la mission, Link serait dernière son ordinateur branché sur le système de sécurité en cas de pépin, mais c'était à éviter le plus possible.

 
Tout était près.
Le jeune homme attrapa son ordinateur personnel et tout en s'allumant une nouvelle clope, il entra dans le journal de bord du GENESIS 36 (son vaisseau) les dernières informations qu'y venait s'ajouter au programme. Une fois que ce fut chose faite, il ferma les yeux quelques instants.
Ce fut à ce moment là que quelqu'un frappa à la porte. Emrys se leva et alla ouvrir. C'était Trinity.

 


"Tu ne dors pas ?
-Non, je n'arrive pas à fermer l'œil... il y a du nouveau ?
-Oui, Tellmen (Georges) vient de me dire que tout est près pour eux, et que les puces arriveront demain.
-Bien... tu as visionné les derniers enregistrements ?
-J'allais m'y mettre."
 


Les enregistrements dont ils parlaient étaient des passages de vidéo surveillance qu'ils balanceraient pendant l'opération, afin de faire croire à la sécurité que tout était normal. Certains avaient été enregistré d'après la réalité de ce qu'il se passait au quotidien dans la Brain, impliquant également les relevés de capteur et autre vérifications permanentes, mais certaines avaient été filmé ici, dans la Fabcave, d'après des reconstitutions des couloirs et laboratoires du bâtiment. La sécurité ne verrait rien de leur agissement. Revoir encore et encore ces images leur permettait de bien se mettre le plan dans la tête. Tout était réglé comme du papier à musique. Le moindre retard pourrait tout faire basculer.
Après le visionnage, les deux jeunes gens se posèrent un instant. Emrys regarda son amie. Malgré la fatigue et le stress qui se lisait sur son visage, il ne pouvait s'empêcher de la trouver belle et désirable. Mais il savait aussi que ses sentiments n'avaient pour le moment rien à faire ici.

 


"Je vais aller voir comment se passe l'organisation de l'autre côté du mur...  Fabalio est d'une humeur de chien. Le Roi vient de lui dire qu'il arrivait avec cinquante personnes de plus de ce qui était prévu, si ce n'est pas plus.
-C'est bien, plus il y a de monde, moins on fera attention à nous.
-Dis ça à Fab, organiser une visite royale faisait pas tout à faire partie de ses projets pour ses dernières semaines sur ce tas de plastique aseptisé.
-Je sais, mais on a pas le choix. Sans ça, je ne pouvais pas permettre aux autres de partir d'ici.
-C'est vrai... bon, tu devrais dormir un peu, on a une longue journée demain. Ton uniforme et ton masque son dans ta chambre.
-Merci."
 


Avant de sortir de la pièce, elle s'arrêta, et en regardant le sol, elle parla avec une voix étouffée.
 


"Tu pense qu'on va y arriver ?"
 


Long silence. emrys se prit le visage dans les mains en soufflant. Lorsqu'il releva la tête, elle le regardait avec un sourire un peu triste. Il le lui rendit.
 


"J'en sais rien...peut être...j'espère..."
 


Il attrapa son paquet et porta une clope à ses lèvres, incapable d'aller plus loin dans l'action, il resta interdit. Elle avait pointé un point sensible... Il ne savait pas du tout comment ça aller se passer, et ça le terrifiait. Elle s'approcha vers lui et lui déposa un baiser sur le front. Il lui parut d'une incroyable tendresse, et malgré la chaleur de la pièce, le fit frissonner. Puis aussi silencieuse qu'à l'ordinaire, elle quitta la pièce. Le jeune homme ne put s'empêcher de suivre le chaloupement régulier de ses fesses lorsqu'elle sortit. C'est fou ce qu'elle était belle.


Le jeune homme fit craquer ses doigts, puis passa sa main dans sa nuque en essayant de défaire les nœuds de nerfs qui la nouaient en permanence. Le fait d'envisager de devoir remettre son masque ne l'enchantait pas. Depuis quelques temps, les membres de l'équipe qui seraient envoyés à la Brain pendant la phase finale de l'opération en portaient tous les jours, ainsi que des uniformes de techniciens afin de pousser plus loin l'infiltration et la reconnaissance du terrain. Ils n'arriveraient pas chez l'ennemi sans en connaitre le fonctionnement exact, et passaient donc toutes leurs journées dans les locaux techniques de la Brain. Ils avaient fini par se fondre dans la masse, rien de plus que de simples employés comme les autres. Les masques étaient la uniquement pour leur protection et leur discrétion,  leurs particularités physiques à chacun n'auraient pas été longues à éveiller des soupçons. Ils étaient issus des toutes dernières technologies de pointe développées par Q, un génie de la HARPE qui leur avait fourni un paquet de matos pour la mission ainsi que les fameuses puces. Ils étaient bleuffant de réalisme et fabriqués dans un matériau des plus résistant qui excluait toutes déchirures et éviterait de cas échéant de laisser des traces et des preuves sur place. Une fois posé, rien ne laissait penser que la personne que vous aviez en face de vous en portait un, l'uniforme aidant également à se fondre dans le décors avec une rapidité affolante. Personne ne leur prêtait la moindre attention.
 
Tout était parfait, il avait pensé à tout. Mais alors d'où lui venait cette angoisse qui lui prenait aux tripes à chaque fois qu'il levait les yeux sur l'un des moniteurs de contrôle ?
Traversant une dernière fois la pièce, il alla s'allonger sur le canapé en cuir. Il mit ses mains derrière sa tête et regarda le plafond avec autant d'intérêt que s'il avait put lui révéler une façon pour rapide et moins dangereuse d'en finir. Mais comme toutes les nuits, il n'y discerna rien d'autre que du blanc. Un plafond triste d'un blanc immaculé et vierge. Déprimant.





*Une fois à la maison, faudra penser à tout repeindre en noir, histoire d'oublier toute cette débauche de blanc...*
 


Emrys sourit en pensant à "la maison". Cette idée si floue et pourtant si agréable. Il devait y penser souvent, Kao dans sa cellule, à la maison.
 


*Bientôt...bientôt nous serons tous de retour à la maison.*



Le jeune homme ferma les yeux, et s'endormit presque aussitôt.


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MessagePosté le: Mer 16 Oct - 21:03 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Devon
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MessagePosté le: Lun 21 Oct - 12:21 (2013)    Sujet du message: What else ?? Répondre en citant

Deux heures avant le levé de rideau, une troupe à la bourre et un staff qui courre partout en coulisse. Quoi de plus normal au Globe. Quant à la diva, elle est dans sa loge, loin du tourbillon de fureur, des ordres aboyés et des contres temps inopinés et malvenus.

Une tour d'ivoire au sommet du Globe, une cachette de star aux allures de nid d'amour. Ouvert sur le monde par une bais teintée en forme de cœur flamboyant, on embrassait sans être vu les lumières de cette ville aussi improbable que spectaculaire, qui s'étalait comme un montre hérissés de pointes et de sphères illuminées, jusqu'à un horizon qu'on peinait à distinguer. Le 88ème étage recelait de surprises et de merveilles, et sans aucune hésitation tout le monde s'accordait pour dire que le Globe Rouge était l'élément phare de ce quartier elfe grand comme une capitale. Rouge et or, il semblait irradier de chaleur et de luxe. C'était un écrin, une pièce d’orfèvrerie unique qui abritait un joyau d'une valeur un million de fois supérieur. Les plafonds et les escaliers, les marbres et les fresques étaient autant d'apparats que l'or et la pierre des reliquaire de Byzance, dont seul l'initier sait reconnaitre la valeur véritable du mystère qu'ils abritent.

Cette pièce en était la perle, montée sur des entrelacs d'or et d'argent représentant le lierre et la rose dans leur harmonie la plus totale. Cette perle portée grosse comme un œuf de pigeon, porté en majesté depuis mil ans sur la tiare des reines antiques, sur le glaive des puissants et sur le gant des papes. Elle a vue des royaumes s'effondrer, des rois tomber au combat et des empires renaitre de leurs cendres. Le temps des hommes comme celui des dieux a la fragilité des insectes. Ils naissent et croissent, se multiplient et meurent dans un ronde infinie. Les aléas du temps n'ont pas plus de prise que la pluie de l'automne, et à travers son œil les idoles tombent, et l'oubli les dévorent jusqu'à ce que disparaisse à son tour la sensation qu'elles ont un jour existé.

Edena était une de ces créatures, sur lesquels le temps semble glisser et qui sont néanmoins les témoins de son irrémédiable course. Comment un empire naissant comme Elpa pouvait envisager l'existence d'un être aussi complexe ? Comment un peuple dans l'âge le plus tendre pouvait saisir le vertige du temps qui se dérobe et engloutit les lignées, les âges d'or et ceux de misère ? Elle pouvait dire qu'elle avait cent ans ou cent millions quelle différence à leurs yeux ? L'épaisseur du temps échappe à ces peuples enfants qui ne voient que l'avenir à l'identique de leur présent, fait de jeux et de divertissements.

Ainsi elle les divertissait, car ils ne comprenaient que ce langage, comme des enfants composés de caprice et de futilité. Ils l'aimaient et l'admiraient comme une de leur idoles numériques, sans rien de plus ni de moins que leur totale adoration aveugle. Ils comprenaient sa beauté et l'exotisme de son corps, la longueur de ses jambes et ses traits de porcelaine, et cela leur suffisaient. Ils venaient nombreux pour la voir, et se plaisait à lire des faits isolés et certainement les plus inintéressants de sa longue vie pour se forger une image déformée et aseptisée. Plus que sa longévité extraordinaire, c'était son éternelle jeunesse qui faisait parler et on lui jalousait son teint blanc sur lequel le temps ne pouvait rien.

Comment dans un monde de consommation immédiate basé sur l'oubli et la nouveauté permanente, une entité vieille comme la lune pouvait vivre ? Les premiers hommes contemplaient la face des premiers et s'évanouissaient dans le constat de leur incompréhension mutuelle.

Cette pensée avait tourmenté Devon pendant longtemps, et à présent il regardait Edena le cœur lourd de compassion et de pitié. Lui qui peinait à trouver sa place, il pouvait estimer sa peine et cherchait tant bien que mal à rester solide pour la soutenir quoi qu'il arrive.
Un coup d'oeil à sa montre, deux heures avant le début du spectacle. Il n'aurait jamais fini à temps. A force de se perdre dans la vision surprenante de la ville sur laquelle la nuit commençait à tomber, à travers le coeur découpé qui formait la fenêtre, il avait laissé filé de précieuses minutes. Devon se détourna de ce coucher de soleil qui l'avait rendu si mélancolique et constata que la pièce était à présent irradié de lumière jaune et or. Les pampilles des lustres, les miroirs, les fauteuils, les tapis précieux et les lourds velours des rideaux semblaient comme en feu. Ce spectacle étaient à la fois enjôleur et en même temps le faisait frissonner car il savait que cet instant idyllique disparaitrait du temps présent aussi vite qu'il était apparu, et qu'il n'en resterait que le vague souvenir errant comme un fantôme dans son esprit meurtrit.

Baissant les yeux il chercha à se recentrer sur sa tâche. Entre ses mains tortueuses et blanches, il tenait une lourde étoffe brodée de fleurs et de perles, et dont l'indéniable travail d'art avait été ravagé par une déchirure. Les fibres pendait lamentablement de chaque côté de la séparation et il avait été chargé de les raccommoder. Il soupira, confortablement installé dans un profond fauteuil, fil et aiguille en main. Un accident stupide en somme, qui avait eu lieu lors d'une répétition et qui avait profondément meurtrit la traine de Titania.
Hors la reine des fées passait en scène dans deux heures et ne pouvait se permettre de présenter comme une souillon. Devon pressa l'allure et mis plus de cœur à l'ouvrage.

Visiblement cette avarie de costume ne semblait pas outre mesure inquiéter la diva qui avait le corps immergé jusqu'à la clavicule dans l'eau brulante et parfumée d'une baignoire de faïence blanche installée en plein milieu de la loge. La vapeur et l'odeur enivrante d'encens et d'huile de rose la plongeait dans une lente somnolence guidée par le son rauque d'un tango lointain.

Devon esquissa un sourire en la regardant. Difficile de ne pas avoir le barreau avec vue sur une beauté pareil entièrement nue et, en apparence, sans défense. Il avait beau être dans le rush, il respectait cet instant de paix qu'elle s'accordait. Il savait que s'il commençait à lui prendre la tête avant qu'elle ne monte sur scène elle ferait de la merde et lui en voudrait à mort. Pour ne pas troubler sa quiétude il ne soufflait mot, et pourtant il en avait des choses en tête, et pas seulement des salaces je vous pris.

En réalité il avait un problème, et un dans le genre épineux. Il avait été contacté la veille par Emrys, qui revenant d'entre les morts l'avait sollicité pour se retrouver au fumoir du Globe. A vrai dire Devon n'ayant pas totalement digéré l'affaire Miyu, il avait beaucoup hésité à venir au rendez vous, et c'est sur les lourdes insistances d'Hugar, qui d'ailleurs en profita pour s'incruster, qu'ils se retrouvèrent dans ce qui était considéré par tous comme un nid d'espions. Autour d'un whisky, pour les vrais bonhommes, et d'un malibu coco pour le gracieux, Emrys leur exposa son plan. A vrai dire Devon ne s'attendait pas à ça, et même si Emrys s'était montré suffisamment évasif pour ne leur donner que les informations dont ils auraient besoin, il n'avait aucun mal à reconnaitre un plan puant quand il en voyait un. Il fallait faire évader un prisonnier de la couronne elfique, enfermé ici sur Elpa, rien que ça. Et bien sur si la chose n'avait pu se faire par la voie diplomatique, c'est que ça devait être particulièrement ardu.
Emrys leur exposa un plan on ne peut plus couillu, mais qui à ses yeux avait le mérite d'être safe. Devon et Hugar échangèrent des regards sceptiques. L'idée de mourir par injection létale n'était pas plus engageante que de se prendre un tir de blaster dans le dos, et Emrys su qu'il fallait leur parler issu de secours, et surtout argent.
Recommencer une vie sur Ys avec Edena et Babette, se faire allouer une rente et vivre comme des privilégiés sous la protection de la couronne. Avait il les moyens d'offrir une vie de cette qualité à sa famille autrement qu'en acceptant cette offre ? Sa fille ne souffrirait ni de la faim ni de la misère dans laquelle elle était baignée depuis sa naissance. Et Edena que dire, elle serait enfin chez elle, à sa place. Adieu cette vie d'animal exotique au milieu d'Elpa. Peut être qu'enfin ils pourraient construire quelque chose de solide.
Leur départ sur Ys coïnciderait avec l'annonce du mariage royal qui appelait tout les sujets yssiens à retourner sur leur planète mère pour assister aux festivités. Il passerait presque inaperçue dans la foule et on ne se douterait pas qu'ils ne reviendraient jamais. Devon demanda le temps de la réflexion et surtout de pouvoir en parler avec Edena mais cela n'était pas possible. C'était une offre à saisir maintenant ou jamais, et selon Emrys il n'y avait aucun doute d'Edena serait d'accord. Là dessus ils se rejoignaient car il n'était pas difficile de deviner que la belle s'était lassé de cette virée elpaienne, et qu'elle n'aspirait qu'à retourner à la maison. Presque à contre cœur Devon fini par accepter, ainsi qu'Hugar qui cependant posa des conditions particulières.

Depuis cette conversation il avait la boule au ventre et même si on lui assurait que la prise de risque était minime, il n'était pas confiant. Autrefois il se serait lancé à corps perdu dans n'importe quelle aventure, et qu'importe qu'elle soit dangereuse ! Aujourd'hui il y avait Elisabeth, il y avait Edena. Autant de poids dans la balance qui le rendait plus frileux à chatouiller la mort.
De plus il savait qu'il n'y avait que très peu de lieu où ils pouvaient parler en sureté et n'arrivait jamais à trouver le bon moment pour lui en parler sérieusement.

Dans un soupire d'intense bien être Edena ouvrit les yeux et s'étira, provoquant une vague de mousse agité par le clapotis de l'eau savonneuse. La playlist spécial bain venait de s'arrêter et il ne lui fallut d'un petit sourire entendu pour faire comprendre à son chevalier servant qu'il devait la remettre du début. Il posa son ouvrage et s'exécuta, le pas pressé et le regard morne. A l'extérieur le ciel crépusculaire rougeoyant avant fait place à une obscurité lourde. Sortant son briquet de sa poche il alluma un à un les lampes et les candélabres qui avaient beau donner à la loge une ambiance on ne peut plus cosy, rendait son travail de couture plus ardu. Devon referma son zippo et s'agenouilla pour s'accouder sur le rebord glissant de la baignoire. Au sol les épais tapis persans étaient pour la plupart trempés, mais visiblement c'était dans l'habitude de la maison et il se foutait pas mal que des genoux soient mouillés. Il n'osa pas la regarder et elle n'avait pas besoin être magicienne pour se rendre compte qu'il y avait comme un malaise dans l'air.
Après un certain nombre de baisers et de mots doux pour essayer de tirer quelque chose de ce garçon boudeur, il fini par lâcher, pesant chacun de ses mots pour ne rien laisser entendre de compromettant à qui les écouterait :


"J'aurai besoin que tu me rende un gros service. Quand tu iras à la fête chez Fabalio j'aimerai que tu y amène Babette et que tu t'occupe bien d'elle. Je sais que c'est pénible et que tu passeras ton temps à lui courir après plutôt que de profiter de la fête mais c'est super important pour moi. Prend toutes ses affaires, on ne sait jamais vraiment de quoi un bébé à besoin. Et promis dès que je te rejoindrai je te libèrerai de cette corvée, mais il faut vraiment qu'en attendant tu ne la quitte pas des yeux. S'il te plait fait ça pour moi, et je t'en serais reconnaissant pour toujours."
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MessagePosté le: Lun 28 Oct - 14:45 (2013)    Sujet du message: What else ?? Répondre en citant

La vie d'Hugar était devenue bien triste et monotone depuis que Phil avait repris ses recherches à la BRAIN... 
 
Tel un pauvre petit chaton malheureux, Hugar errait sans but, jonglant d'une activité à une autre. Bien sûr, son appartement regorgeait de sources de loisirs tous plus futiles les uns que les autres. Mais ce n'était pas de cela qu'Hugar avait envie. Il avait envie de s'occuper, au sens large du terme.  
 
Il avait envie de monter un projet, d'en essuyer les remous comme les lames de fonds, jusqu'à avoir l'intime conviction que ce qu'il faisait était bien. 
 
Cette situation nouvelle - quoique cyclique, eh oui à force de vivre des milliers d'années, on retombe toujours sur ses pas ! - avait certes amené son lot de tristesse et d'ennui, mais également autre chose de totalement imprévu : la réflexion. 
 
Non, pas la puissante et mystique réflexion qui nous pousse à nous interroger sur l'origine de l'Univers - ou sa fin pour les pessimistes - ni même celle plus terre à terre qui nous instille comme un doute sur le fait d'avoir éteint la lumière avant de fermer une pièce. Non, cette réflexion-là était beaucoup plus vicieuse et indiscrète. Cette réflexion était un cauchemar, c’est la réflexion du passé. 
 
Et du passé, Hugar en avait un sacré tas ! 
 
  
 
Pour l’heure, ce qui lui hantait l’esprit c’était son enfance, son plus lointain passé. Tout le monde qui connaissait un peu Hugar savait qu’il adorait faire effusion de son passé, raconter ses plus belles frusques et romances. Mais s’il y avait bien un élément de son passé auquel Hugar ne faisait jamais allusion, c’était bien son enfance ; comme s’il n’en avait même jamais eue ! 
 
  
 
Mais pourtant… Il avait bien eue une enfance, une bien longue enfance. Ainsi, très peu de gens le savait, Hugar était un prince, héritier d’un grand et lointain royaume. Mais divers choix plus ou moins judicieux l’ont éloigné de cette tâche… Notamment l’irréparable fait que… 
 
  
 
TOC TOC TOC 
 
  
 
Tirant Hugar de sa mélancolie morbide, trois coups secs à la porte se firent entendre dans le sublime loft. 
 
Hugar se leva pour aller ouvrir à Devon, qu’il identifia immédiatement à la voix le pressant de grouiller son cul pour v’nir lui ouvrir… 
 
  
 
Telle une épouse désespérée et pourtant aimante, Hugar ouvrit la porte et mis son masque des beaux jours, offrant à son meilleur ami un sourire des plus joyeux. 
 
  
 
« Ah ! C’est toi ! Alors, raconte ! C’était comment ton rencard ??? » 
 
  
 
Toujours à moitié bouleversé, Hugar ne gouta à peine au flot de parole incessant de Devon.  
 
  
 
Quelques heures plus tard, Hugar appela Devon à venir manger, pensant dans un coin de sa tête que si Philibert avait été là, la soirée aurait été tellement agréable… 
 
  
 
C’est assis devant un steak-pâte (Devon ne mangeait que ça depuis 3 jours…) que Devon marmonna qu’il allait revoir son vieux copain Emrys et qu’il avait un truc vach’ment important à lui dire. 
 
Immédiatement, une flamme se raviva dans le corps d’Hugar à l’écoute du nom d’Emrys. Flamme au goût amère de la jalousie, elle incendia également la curiosité d’Hugar. Enfin, une occasion de rencontrer Emrys, son rival de (presque) toujours ! 
 
  
 
« Oh sérieux ?! Je viens aussi ! Et t’as pas intérêt à me dire non, car là je me fais suer comme dans un trou à rat !! Et promis, je s’rais hyper hyper sage ! Et… Et t’auras un cadeau !!! » 
 
  
 
Et c’est à coup de supplications et de promesses qu’Hugar obtenu un maigre « OK… » à peine forcé de la part de Devon. 
 
  
 
Une fois le rendez-vous pris, Hugar ne pensa plus qu’à ça, et à la façon dont il allait aborder Emrys, son concurrent dans le cœur de Devon. Puis à chaque fois, il se rappelait sa promesse à Devon, celle d’être sage et de ne rien tenter de salace. Mais à chaque fois encore, Hugar ne pouvait s’empêcher d’imaginer des tas de trucs de… tas. Et invariablement, ces luttes intérieures se finissaient en match nul. 
 
  
 
Jusqu’au jour J. 
 
Cet après-midi-là, Hugar retrouva Devon au Centre Commercial et apprit que le rendez-vous se tenait dans le fumoir VIP du Globe Rouge.


*Quelle classe !*


 
Une fois rendus, Hugar découvrit le fameux Emrys. 
 
  
 
*Ok, la concurrence est rude à ce que je vois…* 
 
  
 
Il prirent donc un verre ensemble, et Hugar resta sage, comme il l’eu promit. 
 
  
 
Mais l’ambiance changea radicalement quand Emrys commença à parler de mission d’infiltration.  
 
A la fin de la discussion, le cerveau d’Hugar ne fit qu’un tour, et quand Emrys demanda à Devon s’il serait de la partie, Hugar cria : 
 
  
 
« Moi aussi je veux !!!! » 
 
  
 
D’abord sonnés, puis consterné par un tel manque de discrétion, Emrys fini par accepter, malgré les signes de têtes répétés de Devon, proche du torticolis. 
 
  
 
Ca y est. Il l’avait ! Il avait son projet ! 
 
  
 
De retour à la maison, il ne pouvait s’empêcher à ça, à sa Mission. Il jouissait de ce sentiment étrange mêlant peur et curiosité. 
 
  
 
Pendant que Devon enchaînait les rendez-vous galants avec sa douce, Hugar ne s’ennuyait plus, oh non ! Aujourd’hui, il était obnubilé par son costume. Bah oui, tous les supers héros ont un super costume, non ? Alors lui aussi en aurait un, c’était sûr. 
 
Scotché à la télé en quête d’inspiration, une chaîne nostalgique repassa quelques épisodes d’un dessin animé appelé « Cat’s Eyes ». Parfait. 
 
Un papier, un crayon, deux ou trois clic et bip de bracelet suffirent à commander le nécessaire pour Hugar de confectionner son costume. 
 
  
 
Ainsi, les jours passèrent et Hugar se senti à nouveau comme un gosse, sortant du placard son trésor encore inachevé qu’il cachait aux yeux de Devon. Jusqu’au jour où ce fut prêt. Il enfila le costume et se senti l’âme d’une espionne. 
 
Saisissant une manette de Wii qui traînait là, Hugar s’entraîna à faire de grands moulinets dans les airs, digne d’un maître du Nunchaku. 
 
  
 
*Ca y est. Je suis prêt...* 
 
  
 
  
 

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MessagePosté le: Mer 6 Nov - 22:56 (2013)    Sujet du message: What else ?? Répondre en citant

Les yeux de la jeune femme se fermèrent. Les immeubles blancs, les rues, les arbres synthétiques disparurent, et en un instant, elle les vit. Les collines et la contrée verdoyante, dans un ciel sans nuage, nappé d'un soleil frai, comme dans un des premiers jours du monde. Le vent glissant sous sa robe, caressant sa peau d'un effleurement tendre et léger, froid. Les rayons de l'astre au zénith incapables de calmer la chaire de poule. Les doigts gelés qui se serrent contre les paumes chaudes. L'odeur de la nature vivante, libre, sans la moindre impuretés. 
La vision avait quelque chose de bien plus réel que l'image de quasi austérité qu'Edena avait sous les yeux une fois ces derniers ouverts. L'âge apportait à la contemplation des choses du monde une dimension de plus en plus profonde, plus intense et pourtant d'une infinie langueur. Lorsque l'on a l'éternité à affronter, une année semble n'être qu'un battement de paupière, et un siècle n'être rien d'autre qu'une seule et même journée. Elle n'avait jamais bien compris la recherche inexorable des mortels à atteindre son état de non-mourante. Il n'y avait rien n'a envier, bien qu'il fallait reconnaître que l’immortalité avec ses avantages, mais pour combien de peine ? Voir des civilisations s'effondrer, des étoiles mourir, un être aimé s'éteindre. La mort est la seule chose qui donne un sens à la vie, parce que chaque instant peut être le dernier, et tout alors devient beaucoup plus beau. 
Poussant un soupir, la jeune femme détourna la tête de la fenêtre pour la porter vers l'intérieur de la chambre. Le silence y régnait en même temps que le plus terrible des bordels. Toutes les armoires avaient rejeté tout ce qu'elles contenaient de vêtements, chaussures, breloques et autres trucs. Au milieu de la pièce, gueules béantes  se trouvaient une dizaines de valises et sacs pour la plupart déjà remplis à raz bord. Dans un coin, plusieurs cartons attendaient sagement qu'on les utilise. 
Quelque peu dépitée par ce spectacle, Edena fini cul sec le verre de martini qu'elle avait dans la main. Le posant sur la commode, elle se remit à la tache. 


Deux jours plus tôt, elle avait donné sa démission au Globe d'Elpa, démission qui prendrait effet le soir de la dernière représentation de Songe d'une nuit d'été qu'ils avaient monté. Cette décision avait été prise sur un coup de tête, uniquement par instinct, sans en référer à personne. Bien sur, le reste de la troupe avait été mise au courant, et malgré la réticence de certains, ils avaient acceptés la situation. La plupart ne tarderait pas à la suivre de toute façon. Outre le retour forcé au pays en vue du mariage royal, elle ne se sentait plus capable de vivre plus longtemps sur cette planète. Elle avait assez donné. La bête de foire rentrait dans sa savane, vivre avec les siens.
Sa main attrapa une robe de soie d'un rouge des plus intenses. LA robe. Elle ne put réprimer un sourire et la serra contre elle. 
Le baby-phone grésilla, éveillant son attention, puis plus rien. Devon avait oublié de le reprendre la dernière fois qu'il était passé. 
C'était sans doute ça qui l'avait fait réagir, la poussant à enfin prendre cette décision qu'elle repoussait depuis des années. Ce que Devon lui avait dit dans la loge un soir. Sur le coup, elle n'avait demandé aucunes informations ni justifications, elle s'était contenté de réponse un "bien sur mon amour, ça ne me dérange pas le moins du monde", mais elle n'avait pas été dupe sur le fait que son homme lui cachait quelque chose. Son esprit de femme avait pendant l'espace d'une micro seconde balancé l'idée d'une amante, mais elle l'avait bien évidement écarté rapidement. Ne sachant pas de quoi il s'agissait, et n'osant pas intervenir dans les histoires du jeune homme, elle s'était enfermée dans une réflexion silencieuse qui avait abouti sur la nécessité d'un départ définitif. 
Ce qui expliquait la présence de TOUS ses vêtements sur le sol. Et oui, lorsqu'on à l'éternité pour faire du shopping, bah ça conduit à beaucoup de fringues, et bien évidement, beaucoup d'organisation pour renvoyer tout à la maison, ce qui était par ailleurs relativement impossible. 
Elle déposa la robe rouge dans une des valises, à côté de Starla. La comparaison l'amusa un instant. Puis elle tenta d'avancer un peu plus vite dans le tri. Ce qui lui prit encore plusieurs heures. Une fois que le plus gros fut fait, elle se laissa tomber sur le matelas moelleux de son lit, et ferma les yeux afin de retrouver encore une fois les images de son monde qui lui tendait à présent les bras. Et même si elle ne parvenait pas à se détacher de ce malaise qui la tenait aux tripes jours et nuits de ne savoir ce qui était alors en marche, elle ne pouvait s'empécher d'éprouver au plus profond d'elle la plus incroyable des joies.


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MessagePosté le: Mar 12 Nov - 16:22 (2013)    Sujet du message: What else ?? Répondre en citant

Un courant d'air froid fit frissonner Devon jusqu'à le tirer du sommeil. Il poussa un grognement étouffé par les plumes de l'oreiller, et tâtonna dans la pénombre à la recherche des draps pour se couvrir. Il fini par émerger et entrouvrir ses yeux fatigués. Il y avait beaucoup plus de lumière qu'il ne l'aurait cru. La lame de chevet était restée allumée toute la nuit car ils étaient tout les deux tombés de sommeil après leur partie de galipette fort épuisante. Il distinguait sans peine Edena à l'autre bout du lit, son corps nu et désirable enroulé dans la couverture à la manière d'un nem, dont on ne distinguait qu'une touffe de cheveux oranges à une extrémité et ses pieds à l'autre. Devon soupira. Essayer de dérouler sa chrysalide pour récupérer un misérable m² de couette était d'une difficulté sans nom, car la petite se cramponnait à son entortillage de tissus comme si sa vie en dépendait. D'ailleurs il ne comprenait pas comment elle supportait un cocon à 40°C tout en laissant ses pieds à l'extérieur, ce qui leur donnait l'agréable contact de la chair morte au moment où elle les lui collait contre la cuisse. Visiblement le système de régulation thermique des elfes était d'une rare incohérence avec les lois de la nature.

Devon conclu rapidement que s'il ne voulait pas se peler les miches toutes les nuits il n'avait que peu de solutions : faire chambre à part ou ramener son propre sac de couchage. Bien entendu l'idée de dormir seul était la moins envisageable car il fallait alors faire une croix sur sa vie sexuelle (non onanique j'entends). Le sac de couchage risquait de présenter les mêmes défauts, mais c'était à voir avec la demoiselle. Il se dit qu'il lui en parlerait plus tard et choisi de se rhabiller.

A tâtons il réussi à retrouver son jean qu'il enfila cul nu et un tee shirt guns n roses qu'il ne savait plus si c'était le sien ou celui de la belle. En temps normal Devon serait retourné se coucher tout habillé, mais à la place il se faufila avec sa discrétion habituelle jusqu'à la cuisine. Depuis son panier le chien releva la tête, le regarda d'un air blasé et reposa sa tête entre ses pattes. Devon l'ignora et ouvrit le frigo. Mis à part une lumière blafarde qui aurait pu servir à éclairer une autoroute, il n'y avait pas grand chose à se mettre sous la dent. A travers le bac à légumes en plastique transparent on devinait trois misérables tomates. A l'étage du dessus ce n'était guère mieux, un yaourt de fille qui promettait la fonte des graisses et un transit impeccable, une boite d'oeufs bio importés d'Ys dont il n'en restait qu'un, un bout de fromage goût biquette et une briquette de soupe format dinette. Devon soupira, maudissant les femmes une fois de plus. Dans la porte du frigo il n'y avait rien d'autre que du lait, une bière et un pot de sauce dont l'étiquette était en elfique mais qui avait l'odeur de la moutarde. Il fut franchement tenté de prendre la bière, une ambrée particulièrement sexy dans une bouteille en verre fumé et au bouchon cacheté dans la cire. Puis il se demanda combien pouvait couter un bouteille pareille sur Elpa, et finalement se rendit à la raison : 5h du matin n'était pas une heure chrétienne pour se mettre à picoler.

Devon referma rageusement le frigo et se rabattit sur une corbeille en osier qui contenait quatre ou cinq pommes grosses comme des pamplemousses. Elles avaient toutes scrupuleusement la même forme et couleur rouge lego. Plus inquiétant encore, elles brillaient comme si on les avait vernies et leur chair avait un goût prononcé de sucre et d'eau. D'habitude les pommes qu'achetait Edena étaient petites et tordues, à moitié vertes et d'une acidité insupportable. Visiblement elle n'en n'avait pas trouvé et avait dû se rabattre sur celles du supermarché typique elpaien. Devon se foutait pas mal que ces pommes n'aient jamais vu la terre, mais elle ça la rendait cinglé. Visiblement Edena commençait à supporter de moins en moins la vie sur cette planète, et le départ imminent s'annonçait comme une libération.

Tout en croquant sa pomme goût fanta, Devon observa le merdier atomique qui se trouvait dans ce qui restait du salon. La plupart des meubles avaient déjà été enlevés, les montagnes de cartons s'élevaient contre les murs à côté d'un tas de valises. Au milieu de tout le set Vuitton allant du vanity à penderie de voyage en passant par la malle à chapeaux, il reconnu sans peine sa misérable valise qu'il avait trimballé depuis R1, et à côté le sac de Babette. Depuis plusieurs jours déjà Edena empaquetait, donnait, triait des robes, des chaussures, des meubles en hurlant contre le matérialisme du monde et jurant devant le ciel de devenir bouddhiste. Devon en revanche n'avait eu besoin que d'un quart d'heure pour réunir ses quelques fringues et le sac plastique misérable qui lui servait de trousse de toilette.

Cette sensation que l'on ressent tous au moment d'un départ lui noua la gorge et lui rappela un très léger petit détail. Demain c'était le grand jour, celui où tout les elfes quitteraient Elpa. Il n'y aurait plus personne sur la scène du Globe, plus de clients dans ces salons de thé qui vendent des petites pâtisseries à haute densité, plus de houblon brassé par des ascètes aveugles, plus de pommes farineuses à la couleur incertaine sur la table.
Les elfes se barraient, ils quittaient le navire et tous n'avaient qu'une hâte, retrouver la mère patrie. 

Bien entendu tout le monde pensait qu'ils reviendraient après le mariage royal, mais ce que les elpaiens n'avaient pas compris c'est que tout d'abord les festivités duraient presque un an, et que surtout personne n'avait l'intention de revenir se faire chier ici. Les crédits et les allocations pour l'implantation de la culture elfique sur Elpa avaient été coupé net, et la politique était passée à autre chose.

Cependant Devon était bien loin d'entendre ces bruits de couloirs et les manœuvres politiques le laissaient indifférents. Sauf bien sur quand Emrys disait pour rigoler qu'il le nommerait ministre de la bière une fois qu'il serait roi. Car oui après vérification sur wiki il y avait bien un ministère de la bière sur Ys, ce qui avait conforté Devon dans l'idée qu'Emrys ne disait pas que des conneries une fois bourré. Tout en rêvant à ses premiers pas en politique, il se rendit compte qu'il se sentait nerveux, et que cela n'était pas du aux préparatifs du départ.

Un coup d'oeil sur sa montre en plastoc, d'ici quelques heures il devra suivre à la lettre les ordres de la HARPE, réussir leur mission ou crever comme un gueux d'un tir de blaster dans la nuque. Lui et Hugar étaient chargés de la maitrise des hommes qui pouvaient se trouver sur leur route, Emrys et ses acolytes geeks se chargeaient des droïdes et des senseurs.
Devon eut soudain fortement la nausée. Peut être c'était le sucre et les additifs de la pomme qui lui compressaient l'estomac, mais il était plus probable que ça soit l'angoissante et insidieuse idée d'une mort misérable après des jours de tortures. C'était le sort qui l'attendait s'il se faisait choper, et il ne se voilait pas la face. Les elpaiens étaient capables d'absolument tout, et leur imagination en matière de vice dépassait de lui la sienne.
En revanche s'ils réussissaient c'était le jackpot. Un instant il se demanda comment il faisait pour se retrouver toujours dans des situations pareil, et conclu qu'il appelait les emmerdes. C'était peut être à force de crever la faim comme un minable que son appât du gain l'avait poussé si loin. Jamais il n'aurait eu autant de culot et d'audace autrement. Et au fond de lui il savait qu'il ne cesserait jamais de courir après la fortune qu'une fois une balle dans la tête. Il était fait pour un grand destin et écraserait tout ceux qui se mettraient sur son passage. 

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MessagePosté le: Mar 12 Nov - 18:06 (2013)    Sujet du message: What else ?? Répondre en citant

Il y avait une rumeur qui courrait déjà depuis quelques heures sur les réseaux sociaux et qui avait fini par être officialisée. Un mariage royal elfe, c'était quelque chose, mais on en avait soupé pendant des mois et ça n’intéressait plus les chroniqueurs d'Elpa qui rêvaient d'avoir autre chose de plus frais à se mettre sous la dent. Cette rumeur leur apportait du sang frais. La flotte d'apparat du roi d'Ys et empereur de Dahud entrerait bientôt dans l'orbite d'Elpa et servirait à tout les elfes émigrés à major et minor à rentrer sur leur mère patrie fêter le mariage du millénaire. Les journaux elpaiens se foutaient pas mal que leur reine se marie, mais un tel concentré de têtes couronnées et people en arrivage direct sur Elpa major ça les mettaient dans un état fou. Ils étaient avides de nouvelles, de rumeurs et de photo de ces vieilles noblesses qu'ils voyaient comme des reliques exotiques de pays et de temps lointains. Au niveau même de l'état cette venue royale était perçu comme la reconnaissance de la puissance de la nation elpaienne auprès de la royauté yssienne. Car est ce qu'ils sortaient leur flotte d'apparat, leur roi et leurs princesses pour aller chercher leurs compatriotes sur des planètes de gueux comme Reikist ? Bien sur que non, le gouverneur et ses ministres se félicitaient mutuellement. Ils allaient accueillir une patrie de gloire égale et vanter les mérites de leur démocratie et de leur technologie, et voulaient mettre les petits plats dans les grands.

La déception en apprenant que la flotte royale n'allait qu'à peine rester 24h fut énorme. Les ministères avaient déjà prévu des cérémonies, des dîners, des visites des différentes vitrines de la culture elpaienne... Bref un emploi du temps remplit d'activités toutes les plus pompeuses les unes que les autres, dans ce grand disneyland géant dont la simple vue gonflait déjà le souverain elfe.

Un seul événement était organisé, et cela ne faisait pas partit de la longue liste de ce que le gouverneur d'Elpa avait prévu pour ses hôtes. C'était la couronne qui l'organisait, et plus précisément l'un de ses princes qui avait un pied entre chaque monde. Fabalio était le descendait d'une très ancienne lignée yssienne et avait le sang presque plus bleu que le roi lui même. C'était un des très nombreux prince de sang et gouverneur de la province de Käa. Sa place au sein du gouvernement et de l'aristocratie yssienne était sans égale, et c'est une des raisons qui fit qu'on l'envoya, non pas répandre la bonne parole, mais gérer les capitaux elfes sur la toute jeune planète d'Elpa. Fabalio jouait à un jeu dangereux à force de marquer dans les deux camps, et il était connu de notoriété publique que sa résidence habritait un véritable nid d'espion. Il avait beau être étroitement surveillé, cela ne faisait aucun doute qu'il jouait un double jeu. Seulement le moindre comportement agressif ou entravant envers lui risquait de faire capoter l'entente entre les peuples, et cela n'était envisageable ni pour un camp ni pour l'autre.

Depuis toujours le gouverneur l'avait dans le nez, et il vit rouge en apprenant que le seul événement auquel la cour royale yssienne acceptait de participer sur le sol elpaien était une énorme fête qui se déroulerait dans la résidence du prince Fabalio. Cela promettait d'être la fête du siècle, une nuit entière où les petits du peuples côtoieraient les grands de ce monde, rassemblés autour de l'annonce d'une mariage que l'on n'attendait plus.
Et bien entendu, il n'y aurait ni le gouverneur, ni aucun des membres du gouvernement elpaiens. Non seulement ils avaient été spoilés de leur possibilité de faire un grand coup de pub auprès d'Ys, mais en plus ils étaient complètement mis sur la touche. Comme si on avait voulu que la seule chose qu'ils voient du roi d'Ys était la silhouette de sa flotte faisant un aller – retour expresse.

Évidemment, pour le confort et la tranquillité de toute cette cargaison de têtes couronnées il était évident que la presse elpaienne allait être mise à l'écart, au profit bien sur de la presse yssienne car au pays tout le monde attendait les premières photo de la fiesta du siècle. Cela énerva un bon nombre de journaux people d'Elpa qui au non de la liberté de la presse forceraient les entrées et multiplieraient les retours en justice.
En revanche dans les bureaux de Voilà on sabrait le champagne. Ils avaient l'exclusivité de la fête, et même s'ils n'avaient pas assez de photographes dans leurs troupes, ils allaient carburer pour se montrer à la hauteur d'un événement qui les rendra riches.

Du côté des elpaiens, plus la fête approchait, plus les réseaux sociaux et la presse officielle s'emballaient en hypothèses et fantasmes. Personne ne savait exactement qui parmi les célébrités se trouveraient dans le vaisseau mère, et les paris et les prédictions allaient bon train. On parlait en revanche assez peu du départ des elfes de la planète. La fermeture du Globe avait un peu fait buzzer il y a quelques jours, mais rien de comparable à l'annonce de la fête. Tout le reste avait été oublié et cette grosse nouvelle jouait à la perfection son rôle écran. Tant que les elpaiens utilisaient leur cerveau pour penser à est ce que les fiancés seraient présent, et à parier sur la couleur de la tunique du roi, ils ne l'utilisaient pas pour remarquer l'immense faille économique que provoquerait dans leur économie la retraite brutale des capitaux et de la force de travail yssienne.

Phil n'envisageait pas plus que ses compatriotes ce léger détail. Il avait appris la nouvelle de la fête il y a quelques jours en sortant de sa garde de 24h. C'était le problème lorsque l'on travaille dans un milieu aussi protégé que la BRAIN, on ne peut pas suivre les tweet en temps réel. Phil avait été aussi choqué et heureux que ses compares par cette annonce, mais le départ des elfes lui provoqua une sérieuse peine. Il n'en avait rien à foutre des gens comme le vendeur de l'épicerie bio, il avait d'ailleurs même une fois signé la pétition pour que celui soit obligé de fermer car le manque d'hygiène dans sa boutique était flagrant. Comment pouvait on vendre des légumes avec encore de la terre dessus ? Tout le monde sait que depuis que le lavage des denrées alimentaires se fait dans des centrifugeuses à javel, les maladies sont beaucoup plus rares.
Bref, il n'avait que faire de ces gueux, mais que penser du départ d'Edena ? Il avait réussi à se faire remarquer d'elle et elle semblait l'apprécier. Une idole qui quitte Elpa, et qui en plus est sa voisine, ça lui mettait le cafard.

Peut être avait il eu conscience de sa peine, mais Hugar lui fit une surprise qui aurait pu le faire grimper aux rideaux. L'air de rien il lui annonça qu'ils étaient invités par Edena à une petite fête. Dans le cerveau de Phil le contact se fit immédiatement. C'était trop beau pour être vrai, mais est ce qu'il s'agissait de LA fête ? C'était le plus grand événement mondain qu'Elpa avait connu, et il serait un des rares privilégiés à y aller. Il sauta au cou d'Hugar et mis plusieurs heures avant qu'une question insidieuse et terre à terre pénètre son esprit :

*Oh mon dieu je n'ai rien à me mettre !*

Il vida par terre le contenu de ses placards, à la recherche de sa tenue la plus hype, et fini lamentablement le nez collé à sa tablette à faire des essayages virtuels pour trouver la perle rare. Phil commanda ainsi pas moins de 5 tenues complètes chez les plus grandes maisons de luxe, étant incapable de se décider. Un petit coup de poignet sur l'écran, et hop, payé et envoyé. D'ici 3h un livreur le retrouverait grâce à son traceur pour lui remettre son colis.
Il n'y avait plus qu'à mettre son appareil photo à charger et à prendre un bon bain. La nuit prochaine serait la meilleure de toutes.


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Elyäh Ethylercan
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MessagePosté le: Mar 19 Nov - 18:29 (2013)    Sujet du message: What else ?? Répondre en citant

Elyäh repoussa les couvertures et s'assit sur le bord du lit. Voila bien deux heures qu'il cherchait désespérément le sommeil sans parvenir à le trouver. Dépité, il resta quelques minutes immobile, le visage dans les mains. 
Rester au lit en attendant de sombrer ne servait plus à rien, son état de stress ne lui permettrait pas de toute façon. 
Il se leva, enfila un pantalon de lin et une tunique noir et quitta la pièce. Malgré la quantité impressionante d'occupants, le vaisseau était incroyablement calme. Et même s'il se trouvait encore dans ses quartiers privés, les couloirs étaient déserts. 
Même si la fête avait battue son plein durant tout le voyage, le Roi y avait somme toute très peu pris part, trop omnubilé par ce qui se préparait à l'arrivée, et par l'espoir de retrouver enfin Kao. 
Le sentiment de solitude et de perte qu'il épprouvait depuis son enlèvement n'avait été qu'en s'accroissant, et le mariage de sa soeur et du binoclard ne faisait rien pour arranger à son trouble. Si ça n'avait tenu qu'à lui, ça ferait longtemps qu'il aurait atomisé cette planète ridicule à coup de bombes à la marie-jeanne. Mais trop de vies étaient en jeu, et ses conseillers n'avaient eu de cesse de lui rappeller qu'il aurait été facile au elpaiens de prendre en otage ceux de son peuple qui étaient exilés sur ce cailloux froid et plastifié. C'était bien le seul avantage qu'Ely avait trouvé à ce mariage (qui soit dit en passant, allait couter une fortune à la couronne). Mais sa venue à Elpa major n'était pas qu'un moyen pour les elfes de rentrer chez eux. Le véritable objectif était de créer la plus outrensière des divertions, si grosse et impromptue que personne n'aurait l'idée de regarder ailleurs. C'est pourquoi Elyäh n'avait accepté de donner qu'une seule et unique conférence de presse, au sein même de l'ambassade Yssienne, à l'heure exacte du passage à l'acte de l'opération What else. Quant à la soirée chez Fabalio, elle avait été organisé dans l'unique but de permettre à Emrys et à ses acolytes, et bien sur à Kao en cas de succès, de se méler à la foule, et ainsi de disparaitre en quittant la planète dans le croiseur impérial qui les ramènerait tous chez eux. 
Elyäh avait pour l'occasion sorti le grand jeu, en s'entourant pour le voyage d'une suite impressionante (style "prince ali oui c'est bien lui !!!") tous venus dans leur plus beaux atouts. Le convoi n'était pas non plus en reste, puisque le vaisseau royal était également entouré de quelques bâtiments parmi les flerons de la flotte yssienne. Il ne comptait pas impressioner les elpaiens qu'ils savaient suppérieur en terme de puissance militaire (enfin sans parler de son arme secrète qui attendait bien au chaud niark niark niark), mais l'affront qui lui avait été fait imposait de leur montrer la grandeur du peuple yssien, dans une gloire non ternie avant leur départ. 
Arrivant dans le bureau duquel il continuait à s'occuper des affaires de sa planète, il y trouva Legolas, qui rengeait des dossiers. Ce dernier se leva de son bureau et salua le roi.


"Bonsoir Majesté, je pensais que vous vous reposiez."
-Impossible de dormir...
-Désirez vous que j'aille chercher vos somnifères ?
-Non laisse, je vais rester ici et finir le travail. Retourne à ta cabine et profite des dernières heures de calme dont nous disposons encore.
-Bien Majesté."


Sans plus de cérémonie, le sergent quitta la pièce, laissant Elyäh seul face à la pile de paperasse qui s'ammassait sur son bureau. S'attelant à la tâche, Ely prit plus de temps que prévu pour tout ranger. Une fois tranquil, il se fit un thé et alla s'assoir sur son (grand) fauteuil, face à l'immense parois translucide qui le séparait de l'espace. Tout en s'allumant une clope, il repenssa rapidement à tous les plans foireux auxquels il avait pensé pour sortir Kao de cette merde. Laisser Emrys s'en charger ne lui plaisait pas, mais il connaissait son neveu et son équipe et savait qu'ils y arriveraient tôt ou tard. Et puis la HARPE était derrière eux en cas de pépin. Mais une chose était sure, dès leur retour sur Ys, et une fois le mariage du siècle passé, il ferait officiellement d'Emrys son héritier. Peut être ainsi pourrait-il passer plus de temps avec Kao...
Cette pensée lui serra la gorge. La peur que tout échou ne le quittait plus depuis des semaines, et l'idée de ne plus revoir Kao lui était insupportable. Il chassa cette pensée de sa tête et préféra imaginer leur retour à la maison. Bientôt, ils seraient enfin réuni, et pourraient s'étendre au coin du feu, chantant buvant et fumant un petit pétard (qui tourne) comme autrefois.
Et c'est en fredonnant cet air bien connu que le roi fini enfin par s'endormir.


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Kaomiru
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MessagePosté le: Jeu 28 Nov - 15:56 (2013)    Sujet du message: Bad trip Répondre en citant

Morgan se laissa tomber dans son fauteuil, et posa sa tasse imprimé du logo de la BRAIN à côté de son clavier. Il avait entre les paupières lourdes et il ne fallait pas être un génie pour lire sur son visage les traces d'une intense fatigue. Après 7 mois d'examens et d'adaptation du spécimen, ils s'étaient enfin mis sérieusement à bosser. D'ailleurs à ce sujet il s'avérait que leur cobaye était un véritable bourreau de travail, enfin disons surtout qu'il avait accepté de prendre part à toute cette mécanique qui tournait autour de lui et jouait son rôle à merveille. C'était une vraie tête de mule, et Morgan avait mis longtemps avant de trouver sa corde sensible.

Il jeta un coup d'oeil aux images de la caméra infrarouge et soupira. On en était au même point qu'il y a deux heures, avant qu'il ne prenne sa pause pour dormir. Il demanda un bilan de la situation qu'on lui envoya aussitôt. Quelques pages de graphiques, des tableaux dans lesquelles les chiffres ne cessaient de changer, des courbes qui avançaient sans cesse. Morgan regarda le chronomètre qui pulsait en haut de son écran. Quatre heures et quart que l'expérience avait commencé, toujours aucun pépin. Le rythme cardiaque du sujet s’accélérait, sa tension avait radicalement baissé au cour de la première heure mais depuis était stabilisé. Comparaison avec les expériences précédentes, situation identique. On commençait à prendre l'habitude de cette procédure et même pour le sujet ça semblait plus facile.

Inutile de préciser que la toute première fois Morgan se chiait dessus. Ils jouaient aux apprentis sorciers avec les dosages et il savait pertinemment que si le sujet claquait sous sa responsabilité il finirait là où l'on emmène les traitres et les opposants, une dose mortelle de létal injecté dans la nuque. Morgan avait fait entièrement confiance à Kaomiru sur le coup, et au final cela s'était révélé extrêmement efficace. Les entretiens dans sa cellule s'était multipliés et Morgan avait fini par accepté une réalité totalement impensable scientifiquement : son sujet avait besoin de se mettre en transe pour communiquer avec la lame noir. Kao avait fini par le convaincre et l'équipe du laboratoire A bis glissait un peu plus dans le domaine de la foi et de l'inconnu. Une autre négociation s'était faite entre les deux hommes afin de définir la façon dont Kaomiru serait plongé en transe. Pour Morgan il ne s'agissait que de méditation ou d'hypnose à la limite, mais ça non plus il n'y croyait pas vraiment. En discutant avec Kao il avait été horrifié parce que qu'il demandait. En effet Kaomiru était un chaman, et en temps que tel il avait acquit auprès de sa grand mère la connaissance des plantes et des décoctions, des prières et des chants. Il avait été initié auprès des esprits et connaissait bien plus de mythes et de secrets que n'importe quel autre homme de son groupe. C'était un éveillé qui connaissait la signification des choses, des chants rituels et des symboles. Et par cela même il connaissait le pouvoir des différentes transes, et on lui avait enseigné depuis tout jeune à préparer les plantes et à les user avec raison. Son corps était habitué aux drogues et il pouvait supporter leurs effets avec plus de vigueur qu'un non initié. Pour Morgan tout cela n'était pas clair, il était taraudé par la peur que son sujet claque d'une overdose, et ne savait même pas vers qui se tourner pour envoyer toute une série de plantes toxiques en note de frais. Faire venir des drogues sur Elpa, même au sein du laboratoire était extrêmement difficile, et il se doutait qu'aucune haute instance n'accepterai ça. De plus il ne savait même pas quoi demander. Kaomiru refusait de divulguer ses secrets et tenait à faire ses préparations lui même. A force de menace il fini par leur révéler les différentes plantes et doses qu'il mettait dans son pétard magique. Il leur confia même plusieurs recettes, chacune adaptée à différents exercice de l'esprit. Cela bouleversa atrocement Kao qui se voyait forcé à révéler à un humain les secrets les plus intimes de son clan, ceux là même qu'il gardait comme un héritage précieux pour son enfant à venir. Pendant plusieurs heures il pria les esprits et les ancêtres des anciens chamans de lui pardonner.

Quant à Morgan, l'affaire n'était toujours pas résolue. Il fit plancher toute une tripoté de biologistes sur cette liste d'ingrédient bien maigre en détail, surtout au niveau des quantités, pour qu'ils arrivent à créer un produit de synthèse approchant. Les tests sur ce gaz ne furent pas très concluants, car les hommes et les animaux sur lesquels ils étaient pratiqués ne le supportaient que très mal. La première tentative sur Kaomiru était alors particulièrement tendue. Toute l'équipe, et Morgan en particulier étaient tétanisé à l'idée que ça se passe mal. Pourtant leur sujet avait l'air de savoir ce qu'il faisait. Il avait passé trois jours à jeuner et à vomir en prenant des petites doses. Observer cela était une torture pour Morgan qui avait l'impression d'avoir fait le mauvais choix à chaque instant. Plus il l'écoutait aligner des incantations inconnues de sa voix grave, plus il se disait qu'il était complètement fou d'avoir donné son aval pour une expérience pareil.
L'on avait enfermé le sujet dans une pièce capitonné par peur qu'il ne se blesse, plongée dans l'obscurité avec pour seule compagnie la lame noir. Une équipe de secours protégée par des masques à gaz attendait derrière la porte, prête à agir si quoique ce soit tournait mal.

Cette fois encore le protocole était le même, et depuis deux heures et quart notre chaman incantait, assis en tailleur avec l'épée sur les genoux, respirant à pleins poumons un gaz qui lui provoquait des fièvres et des hallucinations

Morgan porta son mug à ses lèvres et avant de pouvoir sentir le goût acre du café, il aperçu un pic violent se démarquer sur un courbe. Il posa sa tasse et sentit un frisson d'angoisse lui hérisser la peau. Il n'avait aucune idée de ce que pouvait ressentir le sujet, mais là il y avait quelque chose qui venait de se passer. Certains petits malins de son équipe s'étaient amusé à respirer quelques bouffée du gaz une fois qu'ils virent qu'il n'y avait pas d'effets secondaires sur le sujet. Ils s'étaient retrouvé agités de délires avec des fortes de fièvre. Et Morgan n'eut d'autre choix que de leur passer le savon du siècle assortit d'un blâme et de les coller en quarantaine.
Son sujet en revanche affichait une résistance vraiment hallucinante, et ils se rappelèrent tous le bilan sanguin qui les avait fait tant rire lors de son admission.


Cependant, un coeur et une irm qui s'agite de façon aussi désordonné n'était pas normal et ne semblait vouloir dire qu'une chose : il était transi de peur. Le rythme régulier de son chant se mit à perdre de son harmonie et Morgan vit à travers les images de la caméra infrarouge que Kao avait tenté de se relever, l'épée à la main, et que ses membres n'ayant pu le soutenir l'avaient laissé tomber sur le dos.

Il ne sentit pas le choc, mais sa tête bourdonnait de plus en plus fort. Il était étranger au silence de la pièce, au molleton du sol et à la lame qui lui cisaillait les doigts. Son esprit n'était plus tranquille, et une sensation de chute lui donna un vertige inqualifiable. Allongé sur le dos, les yeux agités de mouvements rapides, Kaomiru avait cependant l'impression d'être debout dans une chaleur qui n'avait comme comparaison que celle d'un brasier. Quelque chose l'oppressait, quelque chose de bien plus grand que lui qui le dominait et l'attendait dans les ténèbres. Pour se rassurer il enchaina sur un chant à la gloire de Marimeju mais seul le rythme cassé d'un son inarticulé franchisait ses lèvres. Il sentit qu'il devrait se forcer à marcher, à avancer pour s'enfuir, mais chacun de ses pas semblait s'enfoncer dans le vide. Le sol était comme mou, glissant sous ses pieds comme un serpent couvert de lignes. Des collines se dessinait et une lumière trop vive lui faisait plisser les yeux. La tension dans sa tête s'accumulait et la douleur lui sentait insupportable. Il avait toujours l'impression d'avancer mais ne sentait pas ses bras et ses jambes bouger. Des lumières jaunes qui semblaient glisser ou fondre l'entourait et un profond sentiment d'alarme le mettait en garde. Dans un éclair de lucidité quelque chose lui apparut, une tâche sombre juste devant lui. Il ne pouvait distinguer ce que c'était, mais il était clair dans son esprit qu'il s'agissait de la lame. Il voulut crier comme pour avertir Morgan de sa découverte mais le son se perdit dans sa gorge. Kao avançait ses mains vers la tâche et sentit à nouveau la sensation de vide le pousser en arrière, et un haut le cœur le plia en deux. Il chercha à voir un fétiche, et commença les premières phrases d'un chant qui permettait leur découverte. Son rythme se transforma en cri rauque quand le bourdonnement s'intensifia et des tâches de couleurs brouillèrent sa vision. Il ne voyait plus rien mais une image lui apparut, issue de ses souvenirs. Il la reconnu, ça s'était passé il y a des années, un matin ou Elyah et ses ministres étaient sorti chasser. Il s'était joint à eux et à cheval rabattaient un cerf. Des journées comme ça il y en avait eu beaucoup, mais c'est l'image de ce cerf là qui lui apparu, au fond d'un fossé, le corps planté de flèches et l’œil vitreux. Cependant dans sa vision le corps de l'animal n'était pas chaud comme celui qu'ils ramenèrent, C'était une charogne à moitié pourrit, agité de vers et d'insectes des bois. Des rongeurs et des oiseaux raclaient ses os et rien à part son souvenir ne lui laissait deviner qu'il s'agissait d'un cerf, tant son cadavre était ruiné et mis en pièces.


A ce moment là Kaomiru eu la force de se rouler sur le ventre et de se retenir de vomir. Il gémissait des phrases inarticulées, mélangeant le kenta et l'yssien pour former une série de sons graves dépourvus de sens. Il lâcha la lame et sa main moite vient se coller à ses tempes en feu. Il ne savait plus que penser de cet objet animé de vie. Il avait espéré lier un contact avec et maintenant était submergé par un flux intense de pensées et d'émotions contraires. Le visage de la lame, son vrai nom il l'avait vu, et cette vision était encore comme imprimé dans son cerveau. La vie se nourrissant de la vie, l'acte impie de manger la chair d'un être vivant elle le commettait tout les jours. Le cycle des hommes et des animaux, leurs âmes qui se confondaient après la mort, tout cela était vrai. Kaomiru y avait toujours cru mais jamais n'avait exprimé les choses de cette façon. Les humains et les animaux, les kenta, tout ces êtres se nourrissaient de la viande les uns des autres, et leurs âmes retournaient à la mer qui les digérait avant de les rendre sur les vagues. Pourtant il n'y avait rien de confortant dans ce qu'il avait perçu de cette lame. Elle était le taboue suprême, pire, elle était tout les taboues du monde. Elle se nourrissait de la mort des enfants, du repas des vers et du crime de meurtre. C'était la maladie et l'absence de lois, la folie et l'acte de manger son fils pour le détruire. Tout cela était du non sens et un crime envers l'enseignement des ancêtres, envers toutes les lois qui existent depuis l'éclosion de l’œuf de jaspe.

Depuis l'autre côté de son écran Morgan avait mis tout le monde en alerte et observait l'équipe d'intervention agir dans la cellule. Il ne savait même pas ce qu'il y avait à faire, et si ce délire brusque était normal ou non. Y avait il là un signe de succès ? Ou au contraire était ce un effet négatif du gaz ? Il croisa les doigts pour que sa tête ne tombe pas tout de suite, et se promis d'aller interroger Kaomiru une fois qu'il serait redescendu.

Le retour à la réalité fut brutal pour Kao. Voici plusieurs jours qu'il avait enchainé les transes et c'était seulement la première fois qu'il redescendait. Visiblement il avait fait assez peur à l'équipe et on le chouchouta. Roulé en boule au fond de son lit, il était plongé dans une pénombre légère afin de ne pas accentuer le mal de crâne qu'il se tapait. Il avait également des maux d'estomac atroces, des nausées et des vomissements. Il était incapable de se lever pour s'alimenter alors on lui avait mis un cathéter dans le bras remplis d'un cocktail qui petit à petit lui redonnait des couleurs. Kaomiru se laissait vagabonder dans un sommeil léger quand Morgan franchit le sas de l'unité de logement. Kao ne le reconnu pas de suite et le dévisagea d'un air hagard jusqu'à ce qu'il soulève sa visière. Notre indigène émis un grognement et se retourna en l'ignorant. Il savait très bien de quoi il voulait lui parler et n'était pas du tout disposé à cela.


"Tu n'aurais pas quelque chose à me dire ? Tu t'en bien foutu de ma gueule avec tes conneries de drogue. Tu sais combien de mecs j'ai fait plancher là dessus pour fabriquer ce que tu voulais ? Je ne sais pas si tu te rend compte mais je risque mon cul maintenant. Fabriquer tes saloperies pile au cœur d'Elpa, laisse tomber le plan suicide. Là je risque méchamment de me faire déboiter si ça s'apprend, et pour l'instant on n'a toujours aucun résultat. Tu vas me faire le plaisir de me dire que ça a au moins servit à quelques choses sinon je te promet que je te fout dans une pièce avec de l'eau jusqu'aux genoux et des chocs électriques tout les 30 secondes."

Kaomiru poussa un grognement grave et consentit à lâcher un mot.

"Je ne sais pas à quoi tu t'attendais mais moi j'en ai assez vu, fiche moi la paix maintenant."


Morgan haussa un sourcil et laissa glisser ses doigts gantés sur la cross de son taser.

"Tu crois vraiment que ça prend avec moi ? Assis toi sur ton cul tout de suite et parle ! Putain de drogué de merde !"


Kao grogna et se hissa sur ses coudes, c'était le mieux qu'il puisse faire pour le moment.

"Tout les mythes sont vrais, j'en ai eu la preuve. Les histoires ne sont pas des inventions, et les commandements sont des conseils pour rester dans le juste. Mais cette chose là, c'est une aberration. Tu l'appelle lame de la vie, mais ce n'est pas la vie qu'il y a dedans, c'est le non sens et tout les interdits du monde. C'est dangereux, je ne veux plus être lié à ça."

Morgan sembla perdre patience.

"Et tu crois vraiment que je vais te dire "Ok on arrêtes là alors, tu peux rentrer chez toi." ? Tu rêves mon pote, il m'en faut plus. Je sais bien que cet objet pue le malsain. Je l'ai déjà vu figure toi, et je connais toutes les emmerdes qu'il nous a causé bien avant que tu arrives. Il faut que tu le maitrise, que tu le plis à ta volonté. On doit connaitre tout ce qu'il peut faire et l'exploiter au maximum. Est ce que ce truc est capable de créer la vie ? Répond !"

"Oui, et en même temps il est de le résultat et l'action. il se nourrit dans un cycle qui est celui de la mort et de la nourriture..."

"Parfait, tu as encore 1h15 de repos et après on commence à travailler sur ça. Je veux des résultats le plus vite possible, et à n'importe quel prix. La vie éternelle, la jeunesse éternelle, la conception d'un être parfait, c'est cela que nous voulons, alors démerde toi pour obliger cette lame à nous le céder."


Kaomiru n'osa pas répondre et se roula en boule, la couette sur sa tête pour ne pas voir le départ de Morgan. Il se mit à pleurer en silence. Morgan se trompait, il n'y avait rien à tirer de bon de cet objet, quand bien même fallait il être conscient que ce qu'il demandait n'avait rien de bon non plus. La lame était mauvaise, et tout en elle n'aspirait qu'à se nourrir de plus de choses, pour grandir et se développer. Sa destruction était à présent son seul but. Car il y avait une autre chose que la lame lui avait confié et qu'il s'était bien gardé de dire à Morgan. Elle lui avait montré sa véritable forme et lui avait raconté sa véritable origine. Elle était le caillot de sang d'un mauvais Dieu et pensait seule, animée par le besoin de consommer toute forme de vie. Kao comprit cette impression d'effroi qu'il avait ressentit en voyant la teinte noire et brillante de la lame, dure comme la pierre et transparente comme le verre. C'était une goutte du sang d'un géant, qui en coulant avait donné cette forme allongée, ronde à une extrémité, pointue à l'autre. Il n'y avait rien de plus terrifiant que cet objet.
Pétri d'angoisse Kao continua à pleurer, tout en essayant de penser à ces choses qui d'ordinaire le consolaient. Il pensa à Elyah, même si son esprit embrumé était incapable de reformer l'image de son visage. Il repensa à la façon qu'il avait de le serrer dans ses bras, à sa voix qu'il n'arrivait plus à se rappeler. Quant est ce qu'il viendrait enfin ?

_________________
"Notre roi à mauvais caractère mais il s'y connait en :
-vins
-rock n roll
-drogues douces
-prostituées
-complots
-félonies
-kama sutra"
Compléter la phrase selon les circonstances.


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Emrys Myrrdin
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MessagePosté le: Lun 20 Jan - 21:26 (2014)    Sujet du message: What else ?? Répondre en citant

Les yeux perdus dans le vague, Emrys ressassait continuellement les différents points de la mission. Chaque étape défilait linéairement dans son esprit, déviant de temps à autre en fonction des différentes possibilités et  probabilités de problèmes qu'ils auraient à rencontrer. Le moindre disfonctionnement voyait sa solution, ou du moins c'est ce qu'il espérait. Rien n'était moins certain que la réussite de leur mission, même maintenant, alors qu'ils étaient tous en route pour la Brain.
L'espace d'un instant, le jeune homme tourna la tête vers Devon qui se trouvait à ses côtés. Le front large, le nez légèrement bossé, des yeux presque noirs et la mâchoire carrée, rien ne permettait plus de reconnaitre son ami. Sa tignasse violette avait fait place à une teinte brune, ordonnée, courte. Masques et perruques étaient aussi réalistes que possible et ne pouvaient se décoller que part l'application d'un solvant adapté. Hugar avait d'ailleurs été plus que retissant au moment de l'application, prétextant que tout ça abimerait sa peau sensible. Il avait fallut lui expliquer et lui démontrer qu'il s'agissait de composants d'origine naturelle et qu'il était très peu probable qu'il se retrouve avec des plaques rouges et purulentes.
Le mage avait quant à lui avait troqué sa chevelure d'or contre un blond foncé discret et des traits d'un ordinaire désolant. Il adoptait depuis une mine sinistre, collant parfaitement avec son rôle. Les Elpaïens étaient par définition des gens déprimants.
Aucuns d'eux ne se distinguaient parmi les dix agents de maintenance qui se dirigeaient vers la Brain dans un véhicule conduit par Trinity sont les traits étaient devenu ceux d'une femme assez laide.
Autrement dit, aucun d'entre eux ne ressemblait à Georges Clooney.




Ce n'était pas la première fois qu'ils entraient dans les locaux de la Brain, même si jusqu'ici leur boulot avait consisté à faire ce que n'importe quel agent de maintenance faisait dans ces foutus labos. Rien de très palpitant somme toute, mais c'était le meilleur moyen pour prendre connaissance des lieux, de s'adapter aux habitudes des différentes équipes, s'avoir se camoufler dans l'organisation du personnel. Et jusqu'ici tout avait fonctionné à merveille. Tous les matins, ils se rendaient à l'entrepôt, puis la navette conduite par Trinity les amenait aux locaux qui leur étaient attribués au sein même du bâtiment central. Bien évidement, chaque entrée ou sortie était l'occasion de check-point, de contrôle d'identité...etc. qui jusqu'à présent n'avaient posé aucun problème. Les puces qu'ils portaient tous aux poignets, dissimulées sous une fine couche de prothèse épidermique, leur assuraient des saufconduits quasi indétectables.
A l'approche des bâtiments, le véhicule ralentit. Une porte automatique s'ouvrit et les laissa s'engouffrer dans un tunnel aux murs blancs hôpital. L'ouverture se referma aussitôt qu'ils en eurent franchit le seuil, coupant ainsi toutes lumières naturelles. Ils étaient entrés.
Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent enfin dans une salle dans laquelle se trouvaient d'autres navettes de transport en dépôt. Lorsque la leur s'arrêta, ils descendirent chacun à leur tour, se dirigeant dans le silence vers un nouveau point de contrôle sans le moindre regard pour leur conductrice. Une autre équipe de techniciens attendaient en file indienne devant les bornes pour pouvoir monter dans la navette et repartir chez eux. Pour chaque employé sortant, un autre entrait, dans une synchronisation quasi militaire.
Au bip régulier des portiques de sécurité, Emrys, Devon et Hugar entrèrent pour ce qu'ils espéraient être la dernière fois dans ce maudit bâtiment. Ils avaient un service pour opérer.
Arrivant dans leur salle de repos, ils retrouvèrent le reste de l'équipe de jour avec qui ils partageaient leur garde. Ils échangèrent quelques banalités d'usages, écoutèrent une vanne  raciste ou deux puis furent vite appelés sur le terrain. L'opération en elle-même ne serait déclenchée qu'en fin de journée.
Chaque réparation ou opération de maintenance se faisait toujours à trois, il avait donc été des plus ardus de faire entrer dans le même service non pas une équipe infiltrée mais deux. En effet, si celle d'Emrys était chargée de récupérer Kaomiru dans sa cellule, une autre, constituée de membres de la HARPE, devait récupérer la Lame à laquelle il était désormais attaché.
La journée s'écoula, bien trop lentement au goût d'Emrys qui ne pouvait s'empêcher de craindre un disfonctionnement dans leur plan. Il redoutait particulièrement le déplacement de la Lame, ne sachant pas comment cette chose pouvait bien réagir, surtout au vu des vidéos de surveillance qu'ils avaient pu observer chez Fabalio.
Mais pour l'heure, il fallait se concentrer sur leur propre tâche dans la mission, sauver Kao.
 
Vingt-cinq minutes avant la fin de leur service, les différentes équipes se retrouvèrent dans leur salle de repos. La télévision y était allumée en permanence, mais si d'ordinaire, elle était peu regardée, à cet instant précis, tous les yeux étaient braqués sur elle, comme surement une bonne partie de ceux des employés de la Brain, voir de tout Elpa :
 
"Mesdames et messieurs, chers téléspectateurs, c'est un moment historique qui est sur le point de se passer, ici sur Elpa !! Depuis une demi-heure, le croiseur royal du monarque yssien s'est posé sur notre sol, et avec lui tout le gratin de la planète verte !! Une foule incroyable s'est massée autour de l'ambassade yssienne dans l'espoir d'apercevoir le Roi ou n'importe lequel des membres de sa suite avant la conférence de presse que le souverain a accepté de donner pour révéler les raisons de ce néanmoins mystérieux voyage. Nous vous rappelons également chers téléspectateurs, qu'à la suite de cette entrevue, se tiendra chez le célèbre Fabalio, petit cousin du Roi, une fête sans précédent à laquelle nous avons la chance d'avoir été invité afin de vous faire partager la plus hype des soirées de la décennie !! Vous pourrez retrouver les premières images de cette party de luxe dans le morningDrazou à huit heure demain...mais pour l'heure je crois que nous allons enfin pouvoir assister à cette conférence de presse...oui je crois que ça bouge part la bas...OUI c'est Lui très chers téléspectateurs !!! Pour la première fois en quinze ans, Elyäh Ethylercan, Roi d'Ys, va prendre la parole en public sur le sol elpaïen !!!"
 
C'était le signal.
Dans le centre ville, bien au chaud dans la Fabcave, Link mit la machine en route. Son rôle était de déclencher à distance la fausse panne qui devrait conduire une équipe à se rendre juste à côté de la cellule de Kao. Il avait également pour mission de lancer les enregistrements qui remplaceraient les vidéos de surveillance. Emrys et les autres seraient donc totalement invisibles  aux yeux des vigiles puisque ces enregistrements les montraient simplement en train de réparer le disfonctionnement en réalité inexistant, alors qu'ils seraient en train d'ouvrir la chambre de Kao. Tous les capteurs, sondes, thermomètres, micros étaient d'ailleurs sous contrôle et ne renverraient à la salle de contrôle de sa cellule que de simples informations de routine. Rien qui puisse attirer l'attention des scientifiques, qui ils l'espéraient seraient pour la plupart hypnotisés par le discours d'Elyäh et l'annonce officielle du mariage royal.
Mais au vu des dernières expériences que ces salopards faisaient sur l'ami du Roi, il avait fallut bien évidement synchroniser l'heure de la conférence de presse avec l'une des phases de sommeil du captif. Ce dernier aurait peut être plus la gueule dans le cul, mais il vaut toujours mieux porter un homme à moitié endormi plutôt que d'avoir tous les droïdes de la Brain aux trousses.
Si jamais un ou deux droïdes l'opposaient à eux sur la route, ils avaient tous dans leurs poches les fameuses cigarettes électroniques dans lesquelles on avait introduit des magnétrons, ce qui permettait de mettre ces boites de conserves momentanément hors service...et bien sur si jamais c'était des humains qui se mettaient sur leur chemin, Emrys espérait que ces amis feraient la différence. Il avait été trop dangereux d'introduire son sabre laser dans l'enceinte des bâtiments, puisque une simple marque laissée sur les mur aurait incriminé les Djinns, ce qui n'était pas envisageable.
Le haut-parleur émit un bip d'alerte, puis une voix électronique prit la parole :
 
"Equipe 3, réparation du compteur ALCD311, bloc 65.28.31B...je répète... Equipe 3, réparation du compteur ALCD311, bloc 65.28.31B...BIP" 
  Emrys, Devon et Hugar se levèrent d'un bloc, simulant un agacement contre cette petite voix de merde qui les empêchait d'écouter le discours. Mireille de l'équipe 4 les rassura, il y aurait surement des rediffusion le soir même. Les trois techniciens s'équipèrent, prirent leurs sacs et quittèrent la salle de repos, non sans un regard vers l'équipe 6, qui attendait son tour. L'équipe de la Lame ne serait envoyé que dans quelque minute.
Lorsqu'ils arrivèrent à proximité de la zone dans laquelle était retenue Kao, Link lança les enregistrements. Emrys déclencha le chronos sur sa montre, ils n'avaient que le temps de la bande enregistrée pour agir.
Une fois arrivé sur place, au lieu de réparer le compteur qui allait d'ailleurs très bien, ils sortirent de leurs sacs des outils afin d'ouvrir l'un des murs de la cellule de Kao, qui se trouvait être juste à côté. La tache était délicate, puisqu'il s'agissait de l'ouvrir s'en en laisser la moindre trace visible. Cette étape avait été longuement répétée chez Fabalio pendant la préparation, et c'est sans trop de difficulté qu'ils purent enfin ouvrir la chambre dans un silence quasi total. Pendant que les deux autres attendaient à l'extérieur, Emrys pénétra dans la pièce qui était plongée dans une semi obscurité qui ne dérangea pas l'elfe. Il repéra de suite le lit dans lequel était couché Kao, dos à lui et s'en rapprocha avec la plus grande discrétion. Lorsqu'il fut à sa hauteur, il s'accroupit et se pencha sur le marionnettiste. Lui attrapant doucement l'épaule, il le secoua en appelant son nom. Ce dernier fut quelque peu difficile à réveiller, et ce n'est que lentement qu'il se décida à ouvrir les yeux. Mais lorsqu'il s'aperçu que la personne en face de lui était totalement étrangère et qu'il ne portait pas les blouses auxquelles il était habitué, il marqua un mouvement de recul. Emrys le retint et lui plaqua la main contre la bouche pour le faire taire. Il aurait été facile de le convaincre de ses bonnes intentions sans le masque qu'il portait à présent, mais ce n'était pas le cas. Il faudrait donc faire autrement.
Il s'exprima donc dans un elfique simple et compréhensible, même pour quelqu'un qui n'a pas entendu cette langue depuis plusieurs mois.
 
"Calme toi, il n'y a rien à craindre...c'est moi Emrys...Elyäh m'a envoyer pour te sortir de là. Est ce que tu penses que tu peux marcher tout seul ?"
 
Le jeune homme retira ses mains, Kao acquiesça. Tirant son sac vers lui, Emrys l'ouvrit et en sortit une combinaison d'agent de maintenance, un masque et une perruque.
 
"Il faut se dépêcher, il ne nous reste pas beaucoup de temps...enfile ça..."
 
Kao ne se laissa pas prier. Il sortit de son lit en enfila la combinaison (qui n'est pas en lycra je tiens à le rappeler... n'est ce pas Hug').Puis le jeune homme l'aida à enfiler masque et perruque. Il ne restait qu'à lui poser une puce sur le poignet quand soudain il entendit la voix de Link dans son oreillette.
 
"Les mecs magner vous, deux droïdes vont pas tarder à arriver couloir 569..."
 
Prit par le temps, le jeune homme fixa rapidement la puce. Devon passa la tête par l'ouverture dans le mur pour leur dire de se bouger le cul. Fermant le sac, il se tourna vers Kao.
 
"A partir de maintenant, tu ne me lache plus d'une semelle, et essaye de ne pas parler, il ne faudrait pas qu'ils puissent t'identifier à ta voix...pour passer une porte, tu présentes ton poignet, essaye de faire comme si tu le faisais tous les jours...c'est bon pour toi ? Okay alors on y va."
 
Les deux hommes sortirent de la pièce, et l'équipe referma le passage dans le mur en un temps record avant de repartir vers la salle de repos. Au détour d'un couloir, ils croisèrent deux des membres de l'équipe 6. Emrys échangea un regard avec Tellmen, caché sous le masque d'un elpaïen lambda. Ce dernier esquissa un sourire. Leur mission avait réussi. Le jeune homme en éprouva un soulagement, sans pour autant réussir à se débarrasser du stress qui lui nouait le ventre. Ils n'étaient pas encore sortit. Et il y avait toujours un risque pour le troisième membre de l'équipe 6, resté auprès de la Lame. Cette dernière avait été placée dans un réceptacle qu'on avait mis dans un chargement qui devait repartir vers l'entrepôt central en même temps qu'eux. Le camion de transport serait conduit par un leur, et était rempli de matériel qu'il fallait changer. La cargaison ne devait normalement pas être vérifiée. Mais on ne savait jamais avec ces elpaïens.


Le masque que portait Kao était par ailleurs le même que celui que portait le numéro 3 qui escortait la Lame, permettant ainsi de n'éveiller aucun soupçon sur l'absence d'une membre du personnel.
Une fois arrivé dans la salle de repos, ils purent constater que la conférence de presse touchaient à sa fin.  Personne n'avait bougé ou remarqué quoi que ce soit, tout paraissait normal à part l'euphorie générale qui occupait la pièce. Thomas se tourna vers eux.
  
"Vous avez loupé quelque chose !! Ils viennent d'annoncer que la sœur du Roi va se marier dans quelques mois !! T'imagines !! Le Roi a invité à tous les elfes résidant sur Elpa de rentrer sur Ys pour l'occasion, ça va être un truc de ouf si tu veux mon avis !!!
-Tu m'étonnes !! Putain j'espère qu'ils le montreront à la télé !!"




Soudain, la voix électronique s'éleva dans la salle :




"fin du service, je répète fin du service, équipes 3, 4, 5, 6 veuillez vous rendre à l'entrepôt de chargement dans deux minutes...je répète...équi....." 



Certains poussèrent un soupire de soulagement et rassemblèrent leurs affaires tout en continuant de parler de l'annonce royale.


"Qu'est ce que j'aimerai aller à cette soirée putain...
-Arrêtes de rêver, il n'y aura que des elfes la bas, on aura déjà de la chance de voir des photos...
-Et si on allait boire un verre à la place ?"
 
Kao resta silencieux pendant tout ce temps, respectant à la lettre la consigne d'Emrys. Lorsqu'ils arrivèrent au pôle de chargement, ils se rangèrent en file indienne devant le portillon, en attendant que la relève entre dans le bâtiment. Une fois passés, ils montèrent dans la navette conduite par Trinity. Au moment de partir, ils purent voir le camion qui les suivait dans le tunnel de sortie qui devait contenir une Lame et un elfe, caché dans des rouleau de câbles et de matériels électriques.
 
La porte du tunnel s'ouvrit à leur approche, et enfin ils furent à l'extérieur. Emrys se retenait de questionner Kao, même s'il se doutait du choc qu'il devait ressentir en cet instant. Même si tout dans Elpa était faux et contrôlé, il n'était pas sortit de sa cellule depuis des mois. Le jeune homme pria pour que le rescapé ne tombe pas dans les pommes ou quelque chose dans ce genre, mais il semblait tenir debout, c'était l'essentiel. Le chemin vers l'entrepôt  central lui parut durer une éternité, mais ils finirent par arriver. Trinity alla se garer et descendit de la navette avec eux. Elle avait finit son service mais devait se rendre au centre des gestions des véhicules utilitaires afin de faire son rapport journalier. Sans rien laisser  paraitre, les différentes équipes se dirigèrent vers les vestiaires afin de se changer tout en continuant de parler des festivités à venir. Fort heureusement, chacun disposait de cabines individuelles, et lorsqu'ils en sortirent, Trinity les rejoignit enfin.
 
"Les gars je vais dans le centre faire une course je vous dépose ?? Comme ça pas besoin de prendre les transports, ça doit être l'horreur avec toute être agitation.
- Carrément, merci Rachel. Ca te dérange si Marcus vient avec nous, on voulait aller voir ce nouveau modèle d'androïdes présentés chez iNarque ??
-Pas de problème, par contre on décolle maintenant, j'ai pas envie de me retrouver dans les bouchons."
 
Mireille se retrouna vers eux.
 
"Mais et notre petit verre ?
-Une autre fois promis, mais là ils vont faire des réductions, et il me le faut absolument !! Je préfère mettre ma paye la dedans que dans un cocktail d'oreilles pointues."
 
Après avoir saluer les autres membres de l'équipe, Emrys, Devon, Hugar et Kao emboitèrent le pas à Trinity et se dirigèrent vers le parking des employés. Les deux autres agents de la HARPE rentraient de leur côté après avoir intercepté la Lame. Ils montèrent dans une fourgonnette blanche et partirent sans un mot. Ce n'est que quinze minutes plus tard qu'Emrys se tourna vers Kao.
 
"Dans trois minutes, on va changer de véhicule, et delà on pourra aller retrouver le Big Boss. Il faudra que tu changes de masque et de tenue, on ne peut pas se permettre de te laisser te promener sans couverture."
 
Trois minutes plus tard, ils s'arrêtèrent à un feu rouge, juste sous un écran géant qui passait déjà une retransmission du discours royal, captant ainsi l'attention des conducteurs. Ils ouvrirent la porte latérale de la camionnette à côté de laquelle se trouvait une autre semblable en tous points. Des agents de la HARPE portant exactement les mêmes tenues et masques qu'eux étaient là pour faire l'échange, qui se passa en moins de 15 secondes. Une fois que tout le monde fut à l'intérieur, ils purent repartir, et après avoir attendu quelques minutes, laissèrent exploser leur joie. Il fallut pourtant rapidement changer Kao et lui faire passer un masque aux oreilles pointues. Emrys l'emmena au fond de la camionnette afin de l'allonger sur une banquette pour lui permettre de se reposer un peu. Ils se changèrent ensuite et revêtirent des tenues traditionnelles elfiques. Une fois que ce fut fait, chacun s'installa, avec un sourire aux lèvres qui ne parvenait pas à s'effacer. Le jeune homme sortit son portable et appela Link.
 
"Appelle tante Colette pour lui dire qu'elle mette un couvert de plus, nous avons un invité surprise ce soir."
 
 
 
 
 
 


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Kaomiru
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MessagePosté le: Mar 21 Jan - 12:33 (2014)    Sujet du message: What else ?? Répondre en citant

Les yeux lourds et les mains moites, Kaomiru était plongé dans un demi sommeil qui ne lui assurait ni repos ni bien être. Son dernier contact avec la Lame avait été particulièrement rude, et il gardait encore les séquelles de leur rencontre. Son esprit ralentit par la quantité de substances qu'il avait pris lui interdisait toute réflexion. La seule chose que martelait dans sa tête n'était pas une pensée, mais un instinct. Le temps du repos s'était écoulé, Morgan était en retard. Il se sentait redescendre et prenais petit à petit conscience des courbatures qui lui entravaient le dos et les épaules, et d'une douleur aiguë au ventre et aux reins. Un son rauque et désarticulé, qui était en réalité une insulte en kenta particulièrement vulgaire, parvint à franchir ses lèvres et se perdit dans le silence de la salle. A cet instant il haïssait plus que tout ces humains dont il était le captif, et qui ne savaient pas lui préparer des doses suffisamment fortes pour qu'il reste en transe sans tomber en bad trip.

Kaomiru se força à garder le contrôle, et se plongea en méditation comme l'ancienne le lui avait appris. Les yeux mi clos il rêvait de couleurs, de chants et de chaleurs. Ces songes l'apaisèrent et il se retrouva dans un état proche du sommeil qui lui permettait de reprendre doucement le connexion avec son corps et ses sensations douloureuses qu'il ressentait.

Le tirer de cette transe douce ne fut pas facile, et c'est Emrys qui s'y colla en l'appelant et en le secouant. Pour Kao Ce réveil était on ne peut plus brutal malgré tout la bonne volonté du jeune elfe. Une vieille croyance Kenta disait que cela portait malheur de réveiller un chaman, car leurs rêves étaient sacrés. Il est évidement que cette fable avait été inventé par les chamans, qui au final ne participaient que très peu aux chasses matinales. Depuis sa plus tendre enfance Kao n'avaient donc jamais eu à souffrir de ce désagrément et les seules personnes qui avaient osés lui faire ça se comptaient sur les doigts d'une mains. Anaria en faisait bien évidement partit, et la menace de se faire foudroyer par un dieu très ancien lui pendait méchamment au nez, enfin selon la légende.

Kaomiru se réveilla donc en sursaut, et mis un temps à comprendre ce qu'il faisait là et surtout où est ce qu'il était. La lumière blanche allumée jour et nuit depuis des mois s'était soudainement éteint et la pièce était plongée dans le noir total. Ses yeux avaient du mal à se réhabituer à une telle différence de lumière et il regardait le jeune homme face à lui d'un air hagard. A son grand étonnement celui ci lui parla en elfique, et ce qu'il lui dit lui fit l'effet d'un choc électrique. Son cerveau ramollit s'activa et on ne vis jamais Kao aussi speed que depuis... la dernière fois qu'il était parfaitement sobre ? Hum non cette situation ne s'était jamais vraiment présentée. Il obéit aveuglément à toutes les instructions de cette homme qu'il n'arrivait pas à distinguer, s'exprimant la plupart du temps par des hochements de tête.

(Je tiens à te remercier grandement de ne pas lui avoir fait mettre sa combinaison moulante à paillettes de Crasy Kao Horse, on se garde ça en privé veux tu ?)

Kao ne comprenait pas grand chose à ce qui était en train de se passer, mais le nom de Elyah avait suffit à lui redonner confiance. Il ne se demanda même pas si tout ceci n'était pas un piège tordu de Morgan. La fatigue extrême, sa naïveté naturelle et son abus des drogues plus ou moins douces le rendaient incroyablement docile. Le plus difficile était de ne pas poser de questions, et il fut tenu au silence pendant un très long moment. A l'extérieur de la cellule il y avait deux hommes qui attendaient. Il ne les connaissait pas, et ne fit pas spécialement attention à eux. La lumière franche des néons l'aveugla et il se sentit pris d'un vertige en réalisant que le hangar dans lequel il se trouvait s’étalait à perte de vue. Ses yeux eurent du mal à faire à mise au point, tant ils s'étaient habitués à ne contempler qu'un espace restreint d'une dizaine de mètres carrés. Kao regardait partout et avait un peu tendance à traîner derrière le groupe. Il ne manquait plus que cet abruti se perde, et l'homme très très moche qui ne ressemblait ni à Emrys, ni à Georges Clooney le recadra gentiment mais fermement. Il était vraiment étrange ce bonhomme. Kao le dévisageait mais n'arrivait pas à ce rappeler de ce visage comme étant celui du fils d'Anaria. Il ne l'avait croisé qu'une ou deux fois, mais incapable de comprendre que lui aussi portait un déguisement, se perdait dans des réflexions inutiles. Au final il était sans doute mieux qu'il ne pense qu'à cela, car au moins ça lui évitait de penser que dans chaque bloc qu'il croisait, se trouvait très probablement une personne, enfermée comme lui. Kao n'était pas un héros, mais il avait un certain nombre de valeurs et s'il avait eu l'esprit un peu plus clair il aurait supplié son sauveur de libérer également les plusieurs centaines d'otages supposés de la BRAIN.

Il sentit un frisson d'angoisse lui parcourir le corps quand leur groupe croisa d'autres personnes, et se retrouvèrent à discuter avec d'autres. Il ne dit rien et garda les yeux baissés. Il écoutait leurs accents, observaient les gestes qui accompagnaient leurs paroles. Le commun ne lui était pas inconnu, et il comprenait ce qui se disait dans cette conversation futile, mais il lui était davantage inquiété par cette façon de se tenir, de parler, qui était la même que celle de Morgan. Elyah lui avait appris que des humains il y en avait partout, et pas seulement à Marimeju. Il appartenaient tous à des clans différents, et même si leur langage était le même, ils avaient tous des accents différents que l'on reconnaissait facilement. Il avait aussi ajouté que ceux qu'il détestait le plus était les elpaiens, et même si Kao n'avait alors aucune idée de comment s'exprimait un elpaien, il était persuadé d'en être entouré depuis qu'il avait quitté Ys. Une bouffée de colère s'empara de lui. Est ce que ces gens si aimables étaient ceux qui étaient responsables de son enlèvement ? Est ce que le dénommé Morgan se trouvait parmi eux ? L'envie de retrouver et de le faire souffrir de la pire manière qui soit était très forte, et il espérait secrètement le croiser au détour d'un couloir et lui en mettre plein la gueule.

Sa colère ne s'atténua que lorsque une fois dans un speeder, l'homme qui se faisait appeler Emrys lui adressa à nouveau la parole en elfique. Sa rage bouillonnante s'éteignit peu à peu. Il ne comprenait pas trop ce qu'il voulait, et il prit conscience qu'il n'était peut être pas totalement sortit d'affaire. Il changèrent de véhicule d'une façon fort peu conventionnelle, et il fut très surpris de voir les hommes exploser de joie. Déjà fini ? Il n'osa pas le dire car ça aurait sûrement été du plus mauvais effet. Kao les regarda, l'air éberlué, tamponner leurs visages avec les lingettes imbibés d'un produit qui sentait fort l'alcool et l'aloé vera (parce que c'est bio et que c'est bon pour la peau), et... enlever leurs peaux ! Les yeux grands ouverts il se demanda si tout ceci n'était pas un très mauvais bad trip, et les observa en silence enlever perruque et déguisement. Au bout d'un moment il fini par comprendre et poussa un Ah ! très inspiré. Le fil d'Anaria lui apparaissait enfin et pouvait lire sur ses traits un air de famille, ou tout du moins les traits nobles des elfes de sang royal. Se retournant vers les deux autres hommes il ne réalisa qu'il ne les connaissait pas. L'un d'entre eu était jeune, blond et incroyablement efféminé. L'autre... Kao resta perplexe en regarda ses cheveux d'une teinte bien familière, coupé courts et à l'heure actuelle totalement aplatit par le port contraignant d'une perruque. Il était en train de se débarbouiller le visage en jurant de façon très vulgaire contre la pâte qui lui était rentrée dans le nez. Il s'exprimait en commun, et son accent était le premier de cette sorte que Kao entendait. Il avait même du mal à le comprendre tant celui ci était fort et mâchait la moitié des mots. Le marionnettiste était plongé dans la contemplation de ses traits quand le prince Myrrdin lui ordonna en elfique de se débarbouiller à son tour et de se changer. Qu'il allait devoir prendre un autre déguisement. Il l'aida à se défaire du masque solidement accroché à son visage, et de sa perruque. Une lourde tresse violette tomba sur ses épaules, et son observation minutieuse attrista Kaomiru qui n'avait jamais vu ses cheveux aussi emmêlés et aussi mal entretenus. Le prince lui laissa l'intimité nécessaire pour se changer, qui était quasi nulle à cette instant car ils sont quand même dans une camionnette, mais il eut l'élégance de se retourner. Puis il lui appliqua un second masque qui lui englobait les oreilles. Il prit alors les traits fins et osseux d'un elfe de pure souche, et tout ceci s'ajusta à sa carnation ambrée. Pendant ce temps là les deux autres hommes admiraient le faste de leur tenues, l'un râlant tout de même de devoir porter une robe. Kao leva les yeux au ciel en entendant cette remarque. Ce n'était pas le port de ses toutes nouvelles oreilles qui le rendait péteux, mais l'ignorance de ce jeune homme qui le faisait sourire. Il ajusta sa perruque brune sur son front, cintra ses hanches d'une ceinture de soie, et commença avec délectation à orner ses mains de bagues d'argent. Il serait un musicien de la cour du roi, tout du moins jusqu'à ce qu'il soit en sécurité auprès de lui. Kaomiru s'allongea comme il pus sur la banquette étroite, et sentit la fatigue revenir. Son cœur battait encore très fort, et à cause de cela n'arrivait à rester calme. Il finit par s'adresser au prince, et à le remercier de la façon la plus honorifique qu'il connaissait. Et bien que sa tournure de phrase soit maladroite, il sembla comprendre et le salua a son tour en esquissant un sourire.
_________________
"Notre roi à mauvais caractère mais il s'y connait en :
-vins
-rock n roll
-drogues douces
-prostituées
-complots
-félonies
-kama sutra"
Compléter la phrase selon les circonstances.


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MessagePosté le: Sam 25 Jan - 19:26 (2014)    Sujet du message: What else ?? Répondre en citant

Depuis le rendez-vous avec Devon et Emrys, Hugar attendait avec impatience le jour J.
Il n'en pouvait plus, il passait ses journées à trépigner, revoir le plan en détail, aller sur iBay pour se trouver la combinaison en latex idéale...
Bref, quand le grand jour arriva, il était ravi.

Tant il était excité à l'idée d'enfin faire quelque chose, la peur ne l'atteint même.
Enfin... presque. Faut dire qu'il n'était pas tout à fait à l'aise, assis dans cette camionnette qui les conduisaient peut-être, lui et ses amis, vers une mort affreuse.

Mais jusque là, tout se déroulait à merveille : l'infiltration, l'annonce d'Elyah (Hugar hésita un moment à laisser tout tomber pour mater Elyah, mais se ravisa : on lui avait promis qu'il aurait le droit à une entrevue spéciale avec le roi s'il se tenait à carreaux <3 Ouhouh ! [j'y tiens !!]), bref, tout marchait comme sur des roulettes, jusqu'à la récupération de Kao.

Cependant, Hugar se senti de plus en plus mal. C'était donc ça la BRAIN ? Il savait que Philibert y travaillait depuis un moment, il y avait même été une fois ou deux, mais pour lui, c'était un laboratoire de recherche, pas une prison où on retenait les gens en otage.
A chaque pas, il ne pouvait s'empêcher d'entendre ce mot résonner dans sa tête : "prison".
Car oui, c'était bien de cela qu'il s'agissait : une prison hi-tech - Elpaïenne -, aseptisée et terriblement dangereuse.

Depuis cette visite, il y a longtemps maintenant, au centre commerciale, cette "quarantaine", Hugar ne voyait plus la belle planète blanche comme ce havre de paix qu'on essaye de nous montrer. Son regard a changé, ainsi que sa façon d'être, d'être à l'intérieur de cette cage aux barreaux invisibles.

Chaque pas vers la sortie était empreint de plus en plus de colère, de haine, de dégoût envers ce pour quoi la personne qu'il aimait tant existait.
Comment Phil pouvait-il soutenir de tels agissements ? Hugar ne parvint pas à se persuader que Phil ignorait tout ça : il était forcément au courant de ces geôles javelisées.

Enfin la sortie, la fin du calvaire. Hugar sentit le sang couler en lui comme de la lave bouillante. Ce sentiment était de plus en plus difficile à contrôler. Au moment de sortir, quand ils repassèrent dans la salle de repos, comme si de rien était, la haine était à son maximum. Dans un effort surhumain il parvint à la canaliser et s'empêcha de faire une grosse erreur, une erreur fatale.
Cette haine qui montait en lui comme une vague ravageuse, il savait ce que cela pouvait entraîner, ça lui était déjà arrivé : une illusion.
Il sentit que s'il se laissait aller, il plongerait tout ceux qui se trouvent là dans une illusion violente, chaotique, dévastatrice, à laquelle peu survivrait. L'esprit a ses limites, et certaines, une fois franchies, le font littéralement voler en éclats.
Il ne pouvait pas faire ça, pas maintenant : ils seraient repérés à coup sûr, et il était inutile d'être violents, surtout maintenant qu'ils avaient réussi à récupérer Kaomiru.

Hugar se tint à l'arrière du groupe, fermant les yeux et respirant lentement pour contrôler ses émotions.
Il sentit que sa colère s’atténuait doucement jusqu'à revenir à un niveau acceptable.
Une fois ce contrôle sur lui-même accompli, il continua à marcher. Un pas, puis un autre, et ils se retrouvèrent à l'arrière de cette camionnette, en train de se changer.

Ils avaient réussi.
Ils avaient triomphé d'Elpa, et ce qu'Hugar ressentit, ce n'était plus de la haine, mais bien de la fierté. Fierté envers lui-même mais surtout ses compagnons et amis. Il avait pu noter le courage dont Emrys et Devon ont fait preuve.

Le voici désormais en tenue elfique et maintenant, il se sentait bien. Cela faisait très longtemps - trop longtemps - qu'il n'avait pas senti un tel contact sur sa peau, les étoffes yssiennes sont vraiment uniques.

Dans quelques heures, ils seraient à la fête et pourront enfin décompresser.
Enfin.... Jusqu'au moment où il faudra partir, pour de vrai : laisser tout derrière soi tout en emportant ce qu'on aime. Ceux qu'on aime...

Tout n'était pas gagné pour Hugar : sa nouvelle missions ? Réussir à convaincre Philibert de quitter cette ville qu'il aimait tant.

Mais peu importe ! Hugar aura bien le temps d'essuyer les plâtres et tenter de sauver sa peau ! En attendant, des idées bien, bien, différentes lui parcouraient l'esprit.....

*Le repos du guerrier...* se dit-il...

Effectivement, alors qu'il s'était empressé d'enfilé sa tunique yssienne, il semblerait que les autres avaient été un peu plus patients. Mais ce n'était pas plus mal car Hugar pu assister, yeux ouverts et bouche humide, au spectacle qui s'offrait devant ses yeux : Devon, Emrys et Kaomiru en train de se changer..!!!!
Après cet épisode difficile, Hugar mata sans vergogne les beaux p'tits culs de ses amis. Et bien que Kao n'était pas vraiment son idéal de beauté, il ne pu s'empêcher de se mordre la lèvre quand celui-ci retira TOUS ses vêtements...!

*Cette soirée va être mémorable... Ouhouh....*

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MessagePosté le: Lun 3 Fév - 13:20 (2014)    Sujet du message: What else ?? Répondre en citant

Devon n'était pas particulièrement frais ce matin. Il avait passé la nuit à réfléchir, et même la présence rassurante d'Edena dans son lit n'avait pas réussi à chasser ces pensées angoissantes. Il avait rejoint Emrys au lieu de rendez vous, et depuis agissait mécaniquement, la mort dans l'âme. Son avais avait certainement remarqué qu'il avait la boule au ventre, et le laissait seul tranquille en espérant que ça l'aidait. A moins qu'il ne s'en veuille de l'avoir entraîné dans cette galère, naturellement il y avait de quoi ressentir un malaise.

Emrys briefa une dernière fois ses compagnons avant d'y aller. Hugar alignait les blagues douteuses avec plus d'intensité que d'ordinaire, et il était difficile de savoir si c'était dû au stresse de mettre sa vie en danger, ou à une excitation malsaine qu'il ressentait en faisant quelque chose qui le sortait enfin de son train train d'épouse aimante et un brin cochonne. Bref, Devon avait de plus en plus de mal à le supporter, et il devait lutter avec son for intérieur pour éviter de se laisser submerger par ses émotions et claquer le beignet de cette blondasse superficielle. En fait il aurait calmé ses nerfs sur n'importe qui, mais Hugar qui passait par là était bien entendu la meilleure victime qui soi.
Devon leva les yeux. Au moins il avait changé sa tête de con pour une tête de moche, c'était déjà ça. Lui non plus n'était un canon des bois, mais il savait mieux que n'importe qui qu'il avait tendance à être trop voyant dans le paysage, du coup ça lui allait.

Un coup d'oeil à sa montre. Dans quelques heures ça serait fini, il retrouverait Edena et sa fille, et se tiraient de ce piège à rat au design futuriste et novateur. Le début de la mission se passa bien, et même s'il avait un mal fou à estomper son accent des banlieues zhaariennes, il fini par se détendre un peu. Il aurait aimé que cette vieille dure encore plus longtemps quand le signale de la panne tant attendue se fit entendre et le glaça d'effroi. C'était le moment, là où tout pouvait partir en couille. Ils se levèrent et suivirent Emrys en direction du bloc de détention qui les intéressaient. Devon avait tout ses sens en éveil, et il ne pouvait s'empêcher de sursauter en ressentant le moindre battement de cœur, d'afflux de sang ou vibrations des milliers de systèmes autour de lui. Quelle idée franchement d'aller sur Elpa pour libérer un prisonnier ? Ces mecs lui filaient déjà les foies quand ils faisaient leurs courses, alors comment imaginer leur façon d'entreposer des hommes ? Le hall était encore plus immense que le spatioport par lequel il était passé en arrivant. Il s'étendait à perte de vue, d'un blanc immaculé et entièrement souterrain. Il imaginer sans problème les tonnes de terre et d'acier au dessus de leurs têtes, et se sentit soudain un brin claustro. Autour de lui c'était bien pire. Il y avait des boites, de la taille d'une pièce probablement, toutes identiques si on omettait leurs numéro de série incrusté dans le plastique de leur face nord. Chacune d'entre elles étaient reliées à des machines qu'il imaginait être la climatisation, et Emrys lui avait expliqué que chaque panneau était une porte potentielle si on se donnait la peine de la déverrouiller.

C'était donc par là qu'ils comptaient entrer, et sortir bien sur, aussi simplement que cela avait été prévu. Cela aurait pu le rassurer s'il n'était pas sous l'emprise d'un sentiment bien plus fort et terrifiant. Pour n'importe quel profane l'alignement de toutes ces boites jusqu'à l'infini avait quelque chose de psychédéliquement flippant, mais pour Devon la réalité était bien pire que ça. Chacune de ces boite maintenait une personne vivante captive, et il n'y avait que lui se capable de ressentir leur existence. C'était comme s'il était dans une foule invisible, comme si ses sens le perturbaient car il n'y avait aucune ressemblance entre ce qu'il voyait et ce qu'il ressentait. Ignorer la présence de ces gens qui par leurs battements de cœur cherchaient à prouver qu'ils étaient encore en vie était sans doute une des choses les plus tristes à laquelle il avait été confronté. Et s'imaginer à leur place était plus dur encore. Il avait déjà passé beaucoup trop de temps loin du soleil et s'il se retrouvait un jour à nouveau séquestré de cette façon il savait qu'il n'y aurait plus que la mort pour lui tendre les bras. Même la mort la plus douloureuse valait mieux à ses yeux qu'une vie de captif comme celle là. La tristesse qu'il ressentait laissa place à un fort sentiment de désespoir. Continuer de marcher était au delà de ses forces, et si son système n'agissait pas mécaniquement il se serait déjà effondré sur le sol en pleurant. Est ce que tout ces gens pensaient comme lui ? Fallait il les libérer eux aussi, d'une façon où d'une autre ?
Il était à deux doigts de foudre un gros bordel dans la Brain quand le petit groupe s'arrêta devant une cellule, totalement identique aux autres. C'était là qu'il fallait agir. Devon laissa le plaisir de sortir les outils à Emrys et Hugar, et aussi à Hugar de faire une blague fort amusante sur l'intérêt d'avoir toujours son outil à porté de main. Il se rapprocha au maximum de la boite et posa ses longues mains effilées sur le panneau qu'ils allaient forcer. Derrière il y avait un système, un seul, qui fonctionnait au ralentit. Calme, paisible et surtout immobile.

« Il dors. Va falloir que tu le remue un peu. »

Emrys acquiesça. Il avait été clair depuis le début que c'était lui qui se chargerait du contact social. Ce n'était pas tellement le fort de Devon, et quant à Hugar s'ils ne voulaient pas retrouver leur prisonnier défroqué et les deux mains sur le murs, il était hors de question de le laisser dans la même pièce de lui, ne serait ce qu'une minute.
Ils galérèrent un poil à ouvrir la porte. C'était fastidieux, mais ils avaient tellement répétés ce geste qu'ils avaient pris le coup de main. La parois se détacha, et en dehors du souffle du joint d'isolation, on n'entendit aucun son. Emrys s'engouffra par l'ouverture et disparu aussitôt dans l'obscurité totale. Maintenant ils n'avaient plus qu'une chose à faire, prendre leur mal en patience. Et si des pleupleu passaient par là ? Que dire d'autres que circulez on ne fait rien d'illégale. Pas sur ce ça marche, et ils s'étaient englués dans l'illégalité depuis longtemps.

Incapable de dire le moindre mot, et notez à quel point ces fois sont rares, Devon surveillait attentivement l'espace autour de lui, prêt à donner l'alerte s'il ressentait le moindre système en mouvement autour d'eux. Là encore difficile de faire abstraction des milliers de plaintes déchirantes autour de lui. Torpiller cette planète était certainement la meilleure chose à faire en partant.

Emrys ressortit au bout d'un moment, accompagné d'un étrange personnage qui se courba pour passer l'ouverture qu'ils avaient dégagés. Le masque qu'il portait était effrayant de réalisme, et si Devon n'avait pas su qu'il ne s'agissait pas de son vrai visage il ne l'aurait jamais deviné.

Le prisonnier les suivi en silence, et Devon le garda à l'oeil. Il avait peur qu'il fasse le moindre truc suspect qui les foute tous dans la merde. Il ne savait naturellement pas que son évasion était prévue pour aujourd'hui, et il n'y avait aucun mal à imaginer qu'après un séjour dans la boite il puisse péter les plombs. Bref, il n'avait absolument aucune confiance en ce type.

Ils se chièrent un peu dessus au moment de passer le check point avec leur prisonnier, et un immense soulagement s'empara d'eux quand tout fut enfin fini. Il avait l'impression que tout c'était passé très vite, et en même temps très lentement. Ils purent enlever leurs masques et être enfin débarrassés de la tension de devoir tenir un rôle coûte que coûte. Devon se laissa glisser à même le sol de la camionnette et laissa tomber sa tête en arrière, enfin c'était fini. Ce sentiment de liberté absolue lui enleva définitivement la vision glauque et angoissante de toutes ces personnes qui étaient encore enfermées dans la Brain. Il n'avait plus qu'un pensée, enfin revoir celles qu'il aimait. Hugar lui passa le costume qu'ils devaient mettre pour rejoindre la fête. Devon qui avait totalement oublié cette partie du plan ne fut pas particulièrement réjouit de porter la panoplie du petit nobliaux elfe qu'on lui avait préparé. Il se sentit incroyablement ridicule et ses grandes manches le gênaient. Il fit une remarque sur le col montant qui l'étouffait avant de le dégrafer rageusement pour permettre à trachée de faire son travail. La seule chose qu'il aimait bien c'était l'étoffe. D'un bleu foncé presque noir, et d'une douceur et d'une qualité qu'il n'avait jamais vu. Ça lui faisait penser aux robes d'Edena qui ne pouvait se cacher d'admirer, et se demanda tout à coup comment sa meuf allait se présenter ce soir. Sexy et détonante, forcément. Hum par contre impossible de dissimuler une érection avec une coupe aussi près des hanches, il avait devoir garder les idées froides.

Recommençant pour la troisième fois à reboutonner cette interminable rangée de boutons en essayant de ne pas confondre encore une fois lundi et jeudi, et par le même coup calmant ses ardeurs, son regard rencontra celui d'Hugar qui affichait une lueur de vice qu'il connaissait bien. Il était habillé depuis longtemps, et la main glissée dans la poche ne quittait pas des yeux un Devon à moitié boutonné et un Emrys en caleçon CK qui cherchait l'envers de l'endroit des ses chaussettes. Devon laissa échapper un son caractéristique du mécontentement du ouaiche, et asséna à Hugar un grand coup sur l'épaule.

« Nan mais je t'en pris ! Range au moins ta langue quand tu baves dégueulasse ! Stop te toucher le poireau j'ai dit ! »

A nouveau ils se chamaillèrent, sous le regard désabusé d'Emrys et du mystérieux prisonnier qui s'allongea dans son coin pour essayer de se reposer.
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MessagePosté le: Mar 25 Fév - 00:15 (2014)    Sujet du message: What else ?? Répondre en citant

La voiture s'arrêta sans un bruit, à côté du tapis rouge. Un portier lui ouvrit du côté conducteur et lui présenta sa main pour l'aider à sortir. Avec la plus grande grâce du  monde et un sourire charmeur aux lèvres, la jeune femme sorti du véhicule et salua la foule d'un geste de la main.
L'entrée de l'immeuble où se déroulait la fête avait été transformé en parterre de gala, au centre duquel entrait en flux continu le peuple yssien, vêtu de ses plus beaux atouts. Anonyme ou star de la mode venu travailler sur Elpa, tous se rendaient à cette soirée, avant de rentrer définitivement au bercail. L'immeuble était cerné par une impressionnante équipe de sécurité, placé là pour contenir la foule qui c'était pressée dans la quartier très huppé où résidait Fabalio afin de peut être entrapercevoir quelque membre du gratin. Et même si la plupart des personnes qui défilaient sur le tapis rouge n'appartenait pas à une grande famille et n'avait en soi pas grand intérêt, les atouts que tous les elfes portaient ce soir là auraient très bien pu tous les faire passer pour des princes de la planète verte.
Juchée sur une paire de Louboutin vertigineuse, Edena comptait bien leur en donner plein la vue. Contrairement à son habitude, elle ne portait pas l'une de ces célèbres robes rouge, mais avait décidé de jouer une dernière fois la carte de la séduction avec une tenue tout droit sortie de la dernière collection haute couture de son ami Karl. Une sublimissime robe blanche qui contrastait à merveille avec sa chevelure flamboyante. Un bustier d'une grande simplicité marquait avec finesse sa taille, et mettait en avant la délicatesse de ses courbes. La robe se continuait en un enchainement de voiles d'une extrême légèreté qui voletaient au moindre pas.
Toujours souriante, elle fit le tour de la voiture afin d'aller récupérer Babette qui se trouvait dans son siège à l'arrière. Elle la détacha et la pris dans ses bras et après un dernier signe à la foule, se dirigea vers le tapis rouge. La petite était incroyablement calme (surement étourdi par les flash) et Edena se félicitait de lui avoir trouvée une tenue aussi mignonne. Un petit tutu rose poudré accompagné d'un gilet ultra mimi, déniché dans la collection enfant de chez Dior. Pendant ce temps la, le voiturier montait au volant et s'éloignait dans l'allée, direction l'ambassade qui se trouvait juste à côté afin d'embarquer le véhicule dans les soutes du croiseur royal. Une fois face à la foule des journalistes, elles retrouvèrent quelques amis du Globe avec qui elle posa et répondit à quelques questions avant d'enfin pouvoir entrer dans le bâtiment.
Lorsqu'enfin elles se trouvèrent dans l'ascenseur qui les montaient directement à la fête, elle ne put s'empêcher de pousser un soupir de soulagement. Le plus dur était fait. Ici, Babette et elle seraient en sécurité. Mais la jeune femme n'arrivait pas à être tranquille. Devon ne serait pas là avant quelques temps, et même si elle ne connaissait pas la portée de son expédition, elle en concevait le danger. Dans toute cette histoire, elle se sentait profondément inutile, même si elle prenait son rôle de baby-sitter très au sérieux. Elle adorait la petite fille qu'elle tenait à présent tout contre elle, et qui devait bien se demander ce qui lui arrivait. Edena la rassurait en permanence et lui promettait que bientôt, elle serait avec son papa, et que tout irait très bien, sans pour autant en être totalement sure.
Les portes de l'ascenseur ouvraient directement sur (le gigantesque) appartement qu'occupait Fabalio depuis des années. La décoration, purement Ysienne, empli le petit coeur de la jeune femme d'une grande bouffée de joie. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait l'impression d'être à sa place, avec sa famille. Non pas qu'elle n'avait pas rencontré au cours de ses décennies passées ici quelques elpaiens sympathiques...mais toutes ces oreilles pointues lui avaient manqué. Leur hôte se présenta tout sourire à elle. Ils se connaissaient depuis bien longtemps maintenant, et avait longuement collaboré ensemble à la réouverture du théâtre de Käa, qui avait été abandonné pendant les derniers conflits qu'avait connu leur planète.
 
"Maaaaa...Edena, enfin tu es là !! Je commençait à m'inquiéter !!
- Tu me connais, je suis incapable de sortir sans passer une heure à choisir ce que je vais mettre... et avec la petite ça fait deux heures !! Mais dit donc, il y a foule chez toi ce soir !!
- Ne m'en parle pas, ça a été un enfer à organiser... et depuis qu'il est là c'est encore pire.
- Après l'annonce qu'il a fait tout à l'heure, il ne doit pas s'emmerder, tout le monde va le harceler toute la soirée.
- Je crois qu'il s'inquiète surtout pour la raison qui fait que tu tiens cette charmante petite fille dans les bras.
-Toujours pas de nouvelles ?
- Non, mais si tout va bien, ils ne devraient plus tarder...
- Et qui ça ne se passe pas bien ?"




A ce moment là, un nouveau groupe de personne entra dans la pièce faisant mine de les rejoindre, et Fabalio leur fit signa d'attendre un instant.
 
"S'il-te-plait, va le voir, il est en train de brouiller du noir et les gens vont finir par s'en rendre compte et se poser des questions.
- Mais je ne lui ai pas parlé depuis des lustres, qu'est ce que je vais bien pouvoir lui raconter ?
- Maaaa qué je n'en sais rien moi. C'est toi l'actrice, improvise."
 
Au bonheur de parler à nouveau sa langue maternelle, s'ajouta l'inconfort de la situation. Elle n'avait pas la moindre envie d'aller voir son ex, surtout au moment où elle attendait son mec. Mais le destin ne lui laissa pas le choix, et au moment où elle cherchait quelque chose de non alcoolisé pour Babette (chose extrêmement rare à une fiesta de ce type), elle tomba nez à nez avec lui. Malgré le sourire qu'il affichait, Elyäh avait les traits tirés, et ne semblait pas du tout prendre goût à la soirée. Un verre de scotch sec à la main, il discutait avec l'un un membre du sénat qui avait fait le déplacement avec lui. Lorsque leur regard se croisèrent, Edena ne put s'empêcher de replonger dans les souvenirs douloureux qui avaient constitués la fin de leur histoire tumultueuse. Même s'ils s'étaient quitté (il y a bien longtemps) en bons termes, c'était toujours difficile de le revoir. Mais à présent que tout cela était dernière eux, elle pouvait bien faire un effort pour aller le saluer, parce qu'après tout, il restait son roi, et le frère de sa meilleure amie.
Lorsqu'elle se rapprocha, le sénateur s'éclipsa et ils se retrouvèrent face à face, en se souriant timidement. Dans un elfique des plus cérémonieux, elle inclina la tête.
 
"Votre majesté... je suis fort aise de vous revoir ici.
- Arrête tes conneries va. Il la serra (amicalement) dans ses bras. Depuis le temps qu'on s'est pas vu, ça me fait vraiment plaisir de te voir !! T'as pas changé, toujours aussi sublime.
- Et toi t'as toujours une sale gueule..."
 
Ils rirent de bon cœur, brisant un peu la glace qui c'était formé entre eux. Peu de personne pouvait se permettre de parler ainsi à Elyäh, mais après avoir passé autant de temps avec la famille royale, la jeune femme n'en était plus à sa première familiarité avec le souverain. Les yeux du Roi se portèrent sur Babette, qu'Edena portait toujours dans ses bras (et ça commençait d'ailleurs à tirer un peu).
 
"Je peux ?
- Je ne suis pas sure...enfin...et merde aller vas-y prends la, mais attention de pas la casser, je suis pas sure que son père apprécierait. Une fois passée dans les bras d'Elyäh, la petite fille commença direct à faire joujou avec ses cheveux, n'hésitant pas à les tirer bien comme il faut, ce qui le fit rire.
- Je ne savais pas que tu avais une fille aussi...énergique.
- Désolée de te décevoir mais ce n'est pas la mienne, c'est celle d'un ami...
- Il doit avoir une bonne raison pour avoir laissé deux magnifiques jeunes femmes toutes seules en une si belle soirée.
- Il est partit faire tes courses..."
 
Le Roi se tu, laissant Babette tirer allègrement sur les quelques mèches qu'elle avait empoigné. Bien sur, avec la lumière tamisée de la soirée, il n'avait pas pu voir la teinte des cheveux de la petite, et de cette façon il n'avait pu faire le lien. Edena et lui se regardèrent quelques secondes sans rien se dire. Il n'y avait rien à dire après tout. Tout les deux savaient pertinemment de quoi il retournait. Ils attendaient tout les deux que quelqu'un franchisse la porte pour enfin que tout soit fini, pour pouvoir rentrer. Soudain, Babette en eut assez et manifesta son envie de retourner dans les bras de la jeune femme, qui l'y accueillit en lui déposant un baiser sur le front. Elle la berça une seconde, puis sentit sur son épaule la main d'Elyäh. Relevant les yeux vers lui, elle constata qu'il ne la regardait pas. Son attention était dirigée vers le fond de l'appartement où venait d'entrer une nouvelle vague d'invités.
En un instant, la jeune femme sentit son cœur déborder de sa poitrine et son souffle se couper. Un sourire incontrôlable éclaira son visage. Elle du contrôler une envie terrible de bousculer tout le monde pour se frayer un chemin dans la foule et aller le rejoindre pour se jeter dans ses bras. Mais la bienséance lui ordonna de rester là. Elle se contenta donc de serrer un peu plus Babette tout contre elle et chuchota, tout doucement comme un secret.
 
"Papa est là..."


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Devon
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MessagePosté le: Mar 25 Fév - 12:21 (2014)    Sujet du message: What else ?? Répondre en citant

[Dad is home BITCH ! kyaaaaaaaaaa un bébé !!! ]


Les quatre hommes entrèrent dans l'immense salon, où bien que la soirée ne soit pas encore avancée, tout le monde discutait joyeusement et picolait dur. Leur arrivée n'attira pas tellement l'attention, enfin disons plutôt que sa propre personne n'était pas celle qui était la plus scrutée. Derrière lui se trouvait Emrys qui était régulièrement arrêté par des vieux, visiblement des intimes de la famille ou des politiciens, qui lui adressaient de cérémonieuses salutations dans un elfique plus que raffiné. En même temps c'était bien normal. Hug et lui n'étaient personne, contrairement à ce sang bleu à qui tout le monde léchait les yep.
Saoulé de devoir s'arrêter de temps en temps pour que son pote répande des politesse dans une langue qu'il ne comprenait même pas, Devon choisi de quitter le navire. Ok ce n'était pas sympa de laisser son pote tout seul, ou pire, tout seul avec Hugar, mais là il n'en pouvait plus. Jaloux et incapable de l'admettre, il prit un peu d'avance sur le groupe en les devançant.

En plus il avait repéré une paire de nichon au loin qui lui semblait particulièrement familière. Il se fraya un chemin dans la foule, le sourire étiré d'un coin à l'autre du visage. Edena était rayonnante, ainsi qu'incroyablement sexy. Mais après une journée aussi tendue elle aurait aussi bien pu être en pyjama ça ne faisait aucune différence à ses yeux. Déjà parce qu'Edena était sexy dans n'importe quelle situation, et aussi parce qu'il n'avait jamais été aussi heureux de la revoir. Serrée contre son buste sculptural, Babette poussa un glapissement en le reconnaissant et lui tendit les bras. Devon attrapa le bébé à la volée et de l'autre bras enlaça Edena autour de la taille. Il n'en avait bien sur rien à faire des convenances, et seul un petit soupçon de moral l'empêcha de la faire l'amour là tout de suite. Il canalisa son envie cochonne en l'embrassant à pleine bouche, et peu importe si à cause de ses talons vertigineux il avait ses nichons sous le menton, ça n'en était que mieux pour la vue.

Devon avait cette sale habitude de vouloir prendre toujours toute la place quand il arrivait quelque part, et ce que pouvait ressentir les autres lui était bien égale. Et quand il était heureux et désireux d'exprimer sa joie ça amplifiait le phénomène. Ainsi il n'avait même pas adressé à regard à Elyah qui devait sacrément avoir l'impression de tenir la chandelle. Être cordial avec sa meuf et sa fille n'était pas dans les habitudes de Devon, et après le coup de flippe de cette journée tendue du string, il n'allait pas se retenir pour faire plaisir.

Après avoir bien attrapé la bouche, il fini par se décoller d'Edena. Enfin c'était à contre coeur. Babette venait de remarquer qu'elle avait cessé d'être le centre d'attention de ses deux jouets préférés, et avait poussé une glapissement frustré pour leur rappeler qui était le chef ici.
C'est alors qu'il finit par remarquer ce grand bonhomme à la stature imposante qui le dévisageait. C'était la première fois qu'il voyait un gus comme ça. Il avait l'impression de voir une montagne humain, immense et baraqué. Son visage longiligne avait ce côté racé qu'on ne trouve que chez les elfes de haut rang. Il ne pouvait distinguer la couleurs de sa carnation et de ses cheveux, mais il devinait avec exactitude qu'ils étaient incroyablement pâles. Quant à son regard il était perçant, et n'avait pas la faveur de le mettre à l'aise. Au vu aussi des frusques qu'il portait et de tout l'accoutrement qu'il avait sur son front et sur ses cheveux, il se dit que ce n'était surement pas Jo le clodo. Bref il fallait surement cesser de l'ignorer.

"Euh salut !"

Devon lui tendit la main, le plus simplement du monde. Les courbettes de toute façon ce n'était pas son truc, et il n'avait même pas la plus petite idée de qui se trouvait devant lui.
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MessagePosté le: Lun 31 Mar - 22:16 (2014)    Sujet du message: What else ?? Répondre en citant

[Joyeux anniversaire mon philou d'amouuuur !! je te mangerai toi et tes potes ! ]

Hugar était arrivé il y a presque une heure maintenant.
Ce voyage en camionnette n'avait pas été des plus désagréable, notamment grâce au paysage hmm... vallonné qu'il avait pu apercevoir...

Ici, tout était démesuré : le nombre de pièces, de gens, le buffet, la musique, la déco... Tout !

En entrant, Hugar tremblait littéralement d'excitation. Il n'avait pas connu telle fête depuis des années et à vrai dire, celui lui avait manqué.
Et ici, il était dans son élément : de la jet set, mais pas trop bourgeoise ; juste des gens un peu sophistiqués mais qui savent surtout s'amuser.

Devon avait déjà commencé à papillonner (enfin, c'est ce que pensa Hugar avant de réalisé qu'il n'alla que voir sa douce et sa fille). Emrys, lui, avait débuté depuis de longues minutes déjà, les sempiternelles salutations de famille...


*Hmmm... Les courbettes, c'est son truc à lui ça ! Ouhouh !*

Hugar ne pouvait s'empêcher de reluquer tous ces elfes, c'était plus fort que lui. Les souvenirs passés sur Ys lui laissèrent un goût doux-amer dans la bouche [ahem...].
Pourtant, aussi bizarre que ça puisse paraître, il n'avait aucune idée de comment il allait aborder tous ces elfounets... Et après tout... En avait-il vraiment envie ?

Il décida de compenser son appétit par un autre, et se dirigea vers le buffet.

Quel bonheur de goûter à nouveaux les célèbres Lembas de Riahnon et le délicieux alcool de poire de Kää !

Entre deux bouchées, il sortit son téléphone pour passer un petit texto à son chéri, car après tout, Hugar pensait beaucoup à Phil. Cette fête lui plairait sûrement énormément, mais la suite (à savoir la fuite d'Elpa) risquait de l'enchanter beaucoup moins...


#Hello mon ange ! Je suis à la fête, l'ambiance est super chouette ! Je te prépare un verre de sangria <3 Et n'oublie pas les valises et le fufu :3 Bisous !#

Ahlala... Espérons que les choses se passent au mieux.....
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 01:02 (2017)    Sujet du message: What else ??

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